Le racisme banal envers les Arabes continue

Homme arabe affligé
Lagaf' La Zoubida

En 1991 on a eu droit à la Zoubida, exemple de racisme banal

En France, comme dans d’autres pays, les immigrés sont souvent des boucs émissaires. La dernière vague d’immigrés, ou les derniers arrivés dans un pays donné sont considérés comme la source de tous les maux. Ce qui est étrange c’est que les immigrés arabes sont encore la cible de 'blagues' virulentes et irrespectueuses après des décennies !

Nous avons des exemples de ce racisme banalisé avec des chansons qui se veulent populaires comme La Zoubida.

Ce n’est pas parce que la fameuse chanson La Zoubida, n’a en apparence pas soulevé de vagues d’indignation lors de sa sortie, que les mots utilisés contre la communauté maghrébine n’ont pas pour autant blessé : et que dire de ces horribles clichés véhiculés par des Moktar qui se fait arrêter par la police, Fatma la maman arabe et Zoubida la jeune fille immigrée qui voudrait aller au bal… On ne peut pas affirmer qu’il s’agisse ici de bienveillance.

A l’inverse de certaines populations, les Arabes n’ont pas l’habitude de se plaindre, sauf s’ils y sont encouragés. Ils encaissent, jusqu’à en avoir ras-le-bol….

Honnêtement, quand j’ai entendu cette chanson, j’ai voulu remplacer le refrain 'Zoub’, Zoub’, Zoubidaaaa', par 'Ab’, Ab’, Abrutiiiii… '.

Et de nos jours… ça continue…

En France, les actes anti-arabes ont connu une forte hausse durant l’année 2020. Au total, l’Observatoire contre l’islamophobie a recensé 253 actes commis contre des Arabes parce qu’ils sont musulmans. Comparé à l’année 2019, ces chiffres sont en hausse de 53 %.

Le racisme touche toutes les catégories de musulmans, y compris ceux qui sont nés et qui ont grandi en France, comme Khaled Cid. Ce Français d’origine marocaine, 'entrepreneur respecté de 35 ans', selon le journal L’Est Républicain, a été violemment agressé par un militant d’extrême droite dans sa ville de Besançon, à l’est de la France.

Dans des témoignages publiés par France TV Info et l’Est Républicain, Khaled Cid décrit une agression violente et gratuite. L’incident s’est produit alors qu’il garait sa voiture place Marulaz au centre-ville de Besançon. Là Khaled Cid, voit un homme, visiblement dans un état second. Le gaillard de 2 mètres de haut lui demande s’il était policier. 'Je rentre chez moi. Non, je ne suis pas de la police, regarde, je suis en costume', lui répond Khaled. Là-dessus le type se jette sur Khaled et lui assène plusieurs coups tout en l’insultant. 'Je vais te tuer sale Arabe !', lui lance-t-il. 'Je n’avais jamais vu ça de ma vie', raconte Khaled à France TV Info. Khaled Cid a fini sa mésaventure à l’hôpital avec plusieurs jours d’ITT (incapacité temporaire de travail).

Femmes juives d'Algerie 19eme siecle
Juifs algeriens avant la seconde guerre mondiale

Prénoms des filles juives d’Algérie : Saada, H'biba, Messaouda et… Zoubida

Quand ils n’étaient pas inspirés de la Bible, les prénoms des filles juives du Maghreb étaient tout simplement puisés dans la liste des prénoms arabes. Ainsi on trouvait très fréquemment les prénoms Messaouda (devenue Fortune après la colonisation) ou encore Hbiba, Nofar, Zoubida ou plutôt Zbeida. En effet, il n’était pas rare de voir des filles juives d’Algérie nommées Zbeida Levy ou Zbeida Assouline ; Zbeida est une variante de Zoubida/Zoubeida, mais prononcé d’une façon différente. Dans Zbeida on entend le mot beida qui veut dire blanche en arabe.

Quand Vincent Lagaf’ (nom de scène) a produit son horrible chanson 'Zoubida', il a inconsciemment fait d’une pierre deux coups : il s’est à la fois moqué des Arabes mais aussi des juifs sépharades du Maghreb !

Avant l’arrivée des colons français en Algérie, la plupart des familles juives portaient des patronymes arabes. Saada, Bensoussan, Benichou, Slama, Benkemoun et Touati sont autant de témoignages de la pratique très ancienne des langues arabe et judéo-arabe chez les juifs du Maghreb. Il en va de même pour les Benamozeg, Ouaknine, Soudri, Znati, Guenoun, référents patronymiques berbères, et les Corcos, Valensi, Benisti, Castro, Hatchuel qui relèvent du registre linguistique hispanique.

Le patronyme transmis en ligne masculine, n'alimente pas seulement la mémoire généalogique, comme l'indique F. Zonabend : à travers la structure généalogique, il sert à mémoriser l'ensemble de l'histoire et de la géographie familiales, et constitue un vecteur de revendication des origines sociales : 'Mon père est un Soussan, on dit que mon grand-père était cocher, car dans le nom Soussan, il y a le mot souss, cheval en arabe.' Et il est vrai que bon nombre de patronymes juifs désignent des métiers que les juifs pratiquaient : Elhaddad, le forgeron ; Niddam, le joaillier ; Assayag, le bijoutier ; Benattar, l'épicier ; Tordjman, l'interprète ; Zimra, Ghnassia, le musicien, Benkoucha (Benkucha) ou encore Boukhobza devenu Boulanger par décret, le boulanger...

Classificateur et mémorialiste, le patronyme dans ces communautés l'est de toute évidence lorsque, s'inscrivant dans un paysage linguistique latin et francophone, il se rappelle quotidiennement à ces juifs, et indique à leurs voisins non juifs les contextes linguistiques dans lesquels ils ont baigné.

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Mis en ligne : Dimanche 2 Mai 2021

 
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