Le Temple d'Abou Simbel : la mémoire de la bataille de Qadesh

Ramses 2 soumet les peuples
Ramses 2 soumet les peuples

A l’intérieur des temples d’Abou Simbel, il y a de nombreuses statues et bas-reliefs qui témoignent du règne du Pharaon de l’Egypte Antique Ramsès II et de son épouse Néfertari.

Les temples étaient voués au culte d’Amon et de Ré mais le grand temple est aussi célèbre pour ses bas-reliefs qui expliquent le déroulement et la victoire de Ramsès II lors de la bataille de Qadesh en 1275 avant J-C. Il s’agissait d’une victoire importante pour le pharaon. C’est la première bataille documentée par des sources antiques, des textes et des images gravées sur les murs de temples égyptiens sur l'ordre de Ramsès II lui-même.

L’un de ces bas-reliefs montre le pharaon Ramsès II victorieux face aux peuples qu’il a soumis dans une posture particulière. Cette posture par laquelle est représenté Ramsès II est singulièrement dynamique, bien qu’elle reprenne la plupart des traditions graphiques de l’art classique du bas-relief de l’Égypte pharaonique des XIVe/XIIe siècles avant JC. Le pharaon est volontairement représenté avec une taille 3 fois supérieure à celle de ses ennemis, qu’il soumet avec son poing et qu’il menace avec un bras armé, et un de ses pieds est en extension, comme pour suggérer le mouvement.

Certains historiens et spécialistes de l’Egypte antique ont voulu voir dans la représentation de la bataille de Qadesh observable sur ces bas-reliefs une sorte de canon vantant les qualités du roi. Un canon est une habitude, une marque de fabrique. Cette image serait avant tout un remarquable exemple de propagande idéologique de par la différence symbolique des proportions des personnages qui la composent. Le pharaon écrase non seulement ses ennemis mais il les surclasse par sa stature colossale. La précision de la position choisie par l’artiste atteste d’une volonté évidente d’appuyer le mouvement du dominateur tout en le figeant dans un instant qui se voudrait capté sur le vif. Contrairement à l’immobilité et au systématisme des représentations peintes ou gravées de l’Égypte antique, celle-ci enseigne à l'observateur qu’il suffit souvent d’un rien, restitution d’une observation scrupuleuse du réel, pour dire ce qui ne peut être entendu.

Si on a pu découvrir de nombreuses interprétations à propos de la posture du Pharaon sur cette gravure, il en est une que nous avons trouvée sur un site que nous ne citerons pas afin de ne pas lui faire de publicité, justifiant une telle posture par le fait que 'Ramses court pour montrer qu’il a de la vitalité.'. Le commentateur explique alors que c’est la preuve que Ramsès était donc noir. Un biais profondément raciste si on y pense puisque cette personne laisse entendre que seul un noir dispose d’une vitalité suffisante pour courir… Il est très désagréable de voir ces activistes principalement sub-sahariens continuer leurs tentatives désespérées de s’approprier une histoire, un passé qui n’est pas le leur, et l’amertume chez les vrais descendants de l’Egypte antique, à savoir les Arabes et les différents peuples méditerranéens est croissante. C’est d’autant plus frustrant que des scientifiques, très souvent nordiques, appuient ces élucubrations choquantes et fausses. En tout cas, cette interprétation ne correspond guère au récit épique de la bataille selon les traditions égyptiennes. En vérité cette explication est complètement farfelue et cela devient fréquent de voir fleurir des explications ridicules à propos de l’Egypte antique. Il est toujours bon de rétablir certaines vérités mises à mal par une idéologie moderne d’appropriation culturelle par certains activistes.

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Mis en ligne : Dimanche 4 Juillet 2021

 
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