Emmanuel Macron abandonne le Liban et continue la politique africaine

Libanais pauvre
Béninois1

'Sur l'initiative ACT-A, en particulier l'accès des pays en développement aux réponses à la pandémie, sur le financement durable des économies africaines, sur l'égalité femme-homme, j'ai eu un échange productif ce soir avec @BillGates et @MelindaGates Solidaires, ensemble !', a tweeté le président Macron, appuyé par sa femme.

Le 'soutien international au Liban' qui a été promis une fois formé 'un gouvernement capable de mettre en œuvre les réformes nécessaires pour arrêter l'effondrement économique et reconstruire ce qui a été détruit à Beyrouth par l'explosion du port en août dernier', a été évoqué hier. Emmanuel Macron avait lancé une "initiative française" prévoyant notamment un gouvernement de "mission" pour mener des réformes urgentes et débloquer l'aide internationale. En décembre, il avait annulé une troisième visite en six mois au Liban.

Et pourtant, les Libanais souffrent de la faim ; à un point où les gens commettent de nouveaux types de vol qui concernent 'le lait pour enfants, les produits alimentaires et les médicaments'.

De toute évidence, les Libanais ne font pas partie des priorités d’Emmanuel Macron. L’Afrique ainsi que les économies africaines accaparent son attention, avant même les Français, d’ailleurs… Illustration N°1 : Libanais en situation de précarité. Illustration N°2 : couple de Béninois.

Il y a trois ans déjà, à l’université de Ouagadougou, face à un amphithéâtre bondé d’étudiants burkinabès, Emmanuel Macron, président depuis seulement 6 mois, y délivrait sa vision de la 'nouvelle' relation qu’il entendait tisser avec l’Afrique. En formulant une promesse martelée par ses prédécesseurs depuis le général de Gaulle : celle d’en finir avec la Françafrique, ses liens malsains et ses réseaux.  Parmi les nombreuses mesures annoncées à Ouagadougou, certaines sont symboliques et attendues. Les archives françaises sur l’assassinat de Thomas Sankara ont ainsi été transmises à la justice burkinabè, et le processus de restitution du patrimoine culturel africain a été enclenché, en particulier avec le Bénin.

Nous vous reparlerons, bientôt, quant à nous des archives de l’Algérie et des crânes des martyrs à restituer…  Attention Monsieur Macron à bien cerner les réalités de la politique, les enjeux liés à l’aide internationale pour la France. Rappelons que l’équipe de football de France compte parmi ses effectifs 51% de joueurs originaires d’Afrique noire, qui sont d’ailleurs payés à prix d’or ! Les Maghrébins sont sur le banc de touche ; alors qu’on ne vienne pas nous raconter que Macron est un allié des Maghrébins, parce que la solidarité française semble bénéficier qu’à la Françafrique ; concernant les autres africains, tout ce qu’il semble vouloir faire, c’est violer les accords d’Evian. Macron croit pouvoir occuper la fonction de chef d’Etat sans assumer le passé de la France ? Il semble avoir en particulier oublié l’engagement des deux pays en matière de commerce : 'La France et l’Algérie détermineront les différents domaines où les échanges commerciaux bénéficieront d'un régime préférentiel.'.

Vous faîtes perdre à votre pays la France, des partenaires diplomatiques de longue date et des coéquipiers bienveillants dans les pays arabes. Vous entendez tisser des liens sociaux-économiques avec l’Afrique. Mais une aide mal gérée participe à la mauvaise gestion des institutions, alimente la corruption, et entretient une certaine dépendance à l'égard des pays bénéficiant d’une aide indue.

Pourtant, 2021 sera une année charnière pour la politique africaine d’Emmanuel Macron. Il organisera deux événements majeurs à domicile : le sommet France-Afrique et la saison des cultures africaines, annulées en raison du covid-19. L’occasion de recevoir ses pairs africains en grande pompe mais aussi d’intéresser (encore plus) ses compatriotes au continent et à ses évolutions.

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Mis en ligne : Vendredi 12 Février 2021

 
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