Les Britanniques ont décidé de ne plus aider les handicapés syriens

Réfugiés syriens

En janvier, le gouvernement britannique a demandé à ses diplomates de commencer à réduire de 50 à 70% le financement de l'aide aux ONG. En mars, on a appris qu'il réduisait d'un tiers le financement de l'aide aux projets de réfugiés syriens. Parmi les nombreuses victimes de ces coupes, il y a un projet au Liban qui accueille des réfugiés.

Deux centres – à Zahlé et à Beyrouth – offrent des services spécialisés, tels que l’orthophonie et la physiothérapie, aux réfugiés syriens handicapés qui n’ont pas les moyens de les payer.

Cette année, en moyenne 7 200 séances de réadaptation et de soutien psychosocial ne seront plus dispensées, affectant 1 500 personnes handicapées directement et 9 000 personnes indirectement, y compris les soignants et les personnes qui aident les réfugiés ou leur apportent un soutien médical au sens large.

Depuis 2011, date à laquelle la guerre en Syrie a commencé, plus de 1,5 million de personnes ont traversé le Liban voisin pour éviter les bombes et les combats. Lorsque la nourriture de base et les abris sont rares, les besoins des personnes handicapées sont laissés pour compte.

Humanity and Inclusion (HI) est une organisation caritative qui soutient les personnes handicapées et leurs familles au Liban, dans le cadre d'un projet financé principalement par l'aide britannique, ainsi que par la People’s Postcode Lottery. Le Bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement (FCDO) va interrompre son financement, ce qui impactera de façon négative le travail des centres. Une partie du soutien de la loterie de la people's postcode se poursuivra, mais elle sera très réduite.

Amira Fleety, physiothérapeute à Zahlé

'Je suis physio et je travaille avec HI depuis 2019 en tant que conseiller technique en réadaptation, faisant du renforcement des capacités pour des ONG locales qui offrent des services de physiothérapie. L'année dernière, nous avons mené une enquête au Liban et constaté qu'il y avait un grand besoin pour les personnes handicapées. Les prix de ces services dans le secteur privé sont très élevés. À l'heure actuelle au Liban, la situation économique est très mauvaise et personne n'a d'argent'.

'La fin des fonds pour nos services de réadaptation aura un impact important sur les personnes qui ont besoin d'une réadaptation à long terme, et il y aura une détérioration de leurs conditions de soin qui pourrait entraîner une augmentation des problèmes pour les réfugiés handicapés.'

'Moaz est un enfant atteint de spina bifida, d'atrophie cérébrale et d'hydrocéphalie (liquide qui entoure le cerveau). Il n’a que deux ans, et s’il n’est pas en mesure d’obtenir des séances de rééducation pendant cette période de développement, sa mère ne pourra pas gérer la détérioration de son état de santé. Il perdra la mobilité de ses articulations et ne pourra pas s’asseoir dans un fauteuil roulant. Il grandira simplement allongé en regardant le plafond.'

'Il y a beaucoup de réfugiés handicapés – et il n'y a maintenant aucun service disponible pour eux.'

Farzad explique : 'Nous sommes venus de Homs – la situation était très mauvaise là-bas. Mon mari a été fait prisonnier pendant 10 mois. Ils lui ont cassé l'arête du nez, lui ont arraché les ongles, l'ont torturé puis l'ont laissé partir.'

S'il n'a pas de rééducation pour le spina bifida, mon fils grandira simplement allongé en regardant le plafond!

'Dès sa libération, nous nous sommes enfuis au Liban avec nos deux enfants. Moaz est né ici avec mon plus jeune enfant. Tous deux sont nés à l’hôpital mais il y avait un problème à la naissance de Moaz et il a été privé d’oxygène. Nous avons découvert le centre Mousawat il y a un an, et nous y sommes allés une ou deux fois par semaine pour faire des séances de kiné à Moaz.', explique Farzad, à propos de son fils.

'Je suis très inquiet de ce que nous ferons lorsque le centre fermera, car c’est le seul endroit où nous pouvons obtenir ces services gratuitement. Il existe d’autres services de physiothérapie, mais si nous les utilisons, nous devons payer et nous n’avons tout simplement pas d’argent. Moaz a maintenant deux ans et trois mois. Tous les quelques mois, il doit avoir un shunt dans son cerveau pour drainer le liquide. Cela coûte très cher.'

'S'il n'a pas de rééducation pour le spina bifida, mon fils grandira simplement allongé en regardant le plafond', explique le mari de Farzad.

'Il a également besoin d'un scanner tous les six mois pour lequel nous devons payer. HI et le centre Mousawat nous aidaient à payer tous ces frais. Sans sa physiothérapie, ses membres vont se gripper. Je pense qu'il mourra sans le soutien dont il a besoin.' conclut, tristement, Farzad.

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Mis en ligne : Mardi 13 Avril 2021

 
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