Relations Israël-Maroc : vers une normalisation ?

Maroc Israel

La chaîne publique israélienne Kan avait déclaré que le Maroc était un candidat probable à la normalisation des relations avec Israël, ayant d’ores et déjà développé des liens commerciaux et touristiques avec l’Etat juif.
Israël voudrait donc établir des vols directs entre le Maroc et Israël.

De plus, nous apprenons que Monsieur Trump vient de proposer un pacte au Maroc !
En échange d’une reconnaissance implicite par le Maroc de l’Etat d’Israël, les Etats-Unis appuieront le Maroc afin qu’il obtienne la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara occidental.

Rappelons que le Maroc a occupé une part non négligeable du Sahara occidental en 1975 lors du retrait de l’Espagne de cette zone, et a ultérieurement annexé les territoires au cours d’une initiative qui n’est toujours pas reconnue à l’international. L’ex-Sahara espagnol est disputé depuis le départ des autorités coloniales, en 1976, par le Maroc, au nom de la récupération de son territoire démembré par la colonisation, et par une large partie de la population autochtone sahraouie, représentée par le Front Polisario, au nom du droit à l’autodétermination. Le Sahara occidental, est un pays à part entière, qui a une capitale : Laâyoune, ce qui n’a pas empêché le Maroc de s’arroger le droit d’en exploiter les ressources terrestres ; on comprend dès lors tout l’enjeu de conserver ce territoire, pour l’exploiter.

Mais le Maroc n'a pas de souveraineté ni de mandat d'administration sur le Sahara Occidental, comme la Cour de justice de l'Union Européenne l'a conclu sans équivoque en décembre 2016. À ce titre, la Cour a fait écho aux conclusions de la Cour internationale de justice, qui en novembre 1975 avait déclaré qu'elle ne pouvait trouver aucun lien de souveraineté entre les territoires du Maroc et du Sahara Occidental qui affecterait l'application du droit à l'autodétermination par le peuple sahraoui. Moins d'un mois plus tard, le Maroc avait envahi son voisin du sud faisant fi de la décision de la Cour internationale.

D’ailleurs si l’Espagne a occupé ce territoire c’est parce qu’elle pensait qu’il n’appartenait pas au Maroc.

Le Maroc entretenait des relations commerciales avec les Sahraouis, mais les Marocains reconnaissent en même temps 'qu’ils n’ont jamais été soumis au pouvoir royal', ce qui constitue une contradiction notable.
À ce jour, il continue d’occuper les trois quarts du territoire en violation du droit international.

Une récente analyse de 2019 du service de recherche du Bundestag allemand a qualifié le Maroc de puissance occupante.
Une situation inconfortable certes, mais le fait de reconnaître l’Etat d’Israël afin de pouvoir "légalement" annexer ce territoire risque d’être nettement plus dur à vivre par la suite vis-à-vis des pays arabes, pour le peuple marocain.

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Mis en ligne : Lundi 14 Septembre 2020