La participation des Marocaines à la vie publique

Sommet de l'OFA le 25 juin 2009
Sommet de l'OFA le 25 juin 2009

En juin dernier, princesse Salma, l'épouse du roi du Maroc, participait à un sommet de l'Organisation de la femme arabe à Tunis (Capitale de la Tunisie). Quel pays arabe était mieux indiqué que la Tunisie, qui offre les meilleures conditions légales aux femmes, pour aborder le sujet de l'émancipation des femmes arabes ? Le sommet était d'ailleurs présidé par la première dame tunisienne, Leila Ben Ali (ci-contre en tailleur bleu turquoise).

Le Maroc, qui a fait beaucoup d'efforts ces six dernières années pour améliorer les libertés et les droits des femmes, n'est pas à la traîne non plus. Représenté par la princesse Salma, pour l'occasion vêtue d'une élégante robe ocre, le royaume du Maroc a confirmé sa volonté de poursuivre les efforts pour favoriser la participation des femmes à la vie publique. Lalla Salma a déclaré qu'il était nécessaire "de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'intégration des femmes dans l'économie et en particulier dans le développement durable". L'Organisation de la femme arabe (OFA) s'est notamment fixé comme objectif d'observer l'évolution de la législation en faveur des femmes dans les pays arabes. On comprend qu'il s'agira pour les adhérentes de l'OFA d'œuvrer concrètement en faveur de la situation des femmes dans leur pays et de faire le point au prochain sommet. Justement, rendez-vous a été pris l'année prochaine à Tunis, où il sera donc question, entre autres, d'évaluer les progrès réalisés en 2009. Contrairement à ce que pourraient affirmer certains, l'objectif de l'OFA n'est pas de "pistonner" les femmes pour la seule raison qu'elles sont femmes, mais de leur donner des chances équivalentes à celles des hommes, sous réserve qu'elles aient les compétences professionnelles ou politiques requises, bien sûr.

Femmes et politique

Plus que des beaux discours, au Maroc, de vraies mesures ont été mises en place pour favoriser la modernisation du statut législatif des femmes ; c'est le cas avec la réforme de la Moudawana en 2003, mais aussi avec la réforme des conditions de transmission de la nationalité. Depuis 2005 en effet, les femmes marocaines peuvent transmettre leur nationalité à leur(s) enfant(s). C'est une réforme majeure qui a été décidée par le roi Mohammed VI, puisqu'auparavant, les enfants issus d'une mère marocaine et d'un père étranger (souvent ressortissant d'un autre pays arabe), souffraient de ne pas être reconnus comme Marocains et n'avaient droit qu'à une simple carte de séjour ! Bien heureusement, ce traitement de défaveur plutôt humiliant a été réparé, puisque les enfants nés d'une mère marocaine n'ont plus à entreprendre de démarches fastidieuses pour obtenir la nationalité marocaine, mais l'acquièrent spontanément par l'ascendance maternelle.

Les Marocaines s'impliquent davantage que par le passé dans la politique. En l'espace de neuf années, le nombre de femmes siégeant au Parlement a pratiquement été multiplié par 20 ! Au niveau local des communes, les femmes marocaines sont encore plus impliquées politiquement. Fait remarquable : une jeune femme de 21 ans a récemment été élue maire de son village, une commune rurale de la région casablancaise, appelée Tata. Madame la maire Fatima Boujenah, jeune bachelière, est donc devenue la plus jeune femme maire du Maroc ! Fatima Boujenah a expliqué à la presse qu'elle souhaitait s'impliquer dans les affaires de sa commune pour améliorer le quotidien des gens. Sa sincérité a convaincu les habitants du village, qui font confiance au courage et à l'intelligence de cette femme instruite, pour "agir efficacement pour le bien-être des gens de cette localité montagneuse" (déclaration de F.B. recueillie par Maghrebia).

Nous voulons voir dans tous ces changements des signes positifs annonciateurs de progrès. Les femmes arabes ont beaucoup à apporter à leurs pays, à eux de leur ouvrir les bras...

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Mis en ligne : Samedi 15 Août 2009
 
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