Reprise du dialogue Iran-Etats-Unis à propos de l'accord sur le nucléaire iranien

Iraniens brulant le drapeau des US

Dès la semaine prochaine à Vienne, des délégations de l'Iran et des États-Unis reprendront le dialogue afin  de restaurer l'accord sur le développement nucléaire iranien de 2015. Un dialogue qui va reprendre après que l’administration Trump, très pro-Israël, avait fermé la porte à toute négociation possible avec les Iraniens.

Cet accord-cadre a pour but de contrôler le programme nucléaire iranien et de faire lever les sanctions économiques qui touchent le pays. Des restrictions dans le développement du nucléaire iranien se traduisent entre autres par la limitation des stocks d'uranium enrichi.

L’Iran ne doit non seulement pas avoir de trop gros stocks d’uranium enrichi, mais ne doit, de plus, jamais atteindre le taux d’enrichissement d’uranium qui lui permettrait, théoriquement, de créer des bombes nucléaires. En bref, l’Iran doit se contenter de développer sa technique nucléaire civile, uniquement.

Selon l’accord cadre de 2015, pendant quinze ans, l'Iran s'engage à ne pas enrichir l'uranium à plus de 3,67 %, et à ne le faire que sur le site de Natanz. De plus, la quantité d'uranium enrichi est limitée à 300 kg. Le 8 mai 2018, Donald Trump avait déclaré que les Etats-Unis se retiraient de l’accord sur le nucléaire iranien.

Le rétablissement de l'accord nucléaire serait donc une étape majeure, près de trois ans après que le président Donald J.Trump l'ait dénoncé, et va peut-être permettre le dégel de l'hostilité qui est très forte entre les deux pays.

Des responsables américains ont toutefois nuancé cette reprise du dialogue en expliquant que les sanctions américaines seraient maintenues au moins jusqu’aux prochaines élections présidentielles iraniennes en juin. Un accord de principe avant les élections, s’il est approuvé par le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, pourrait enfermer le nouveau gouvernement iranien, affirment les responsables américains et européens. En clair, les Occidentaux attendent la venue au pouvoir de leurs habituels pantins parachutés d’on ne sait où, qui seront prompts à être d’accord avec toutes les demandes….

L’évolution des positions américaines a eu lieu six semaines après que les États-Unis aient proposé aux nations européennes de reprendre le dialogue avec les Iraniens. Les Américains se sont étonnés de la réticence des Iraniens à reprendre le dialogue. Selon eux, cela reflétait des luttes intestines en Iran entre des éléments du gouvernement qui cherchent désespérément à mettre fin aux sanctions écrasantes et les extrémistes de l'armée et les religieux qui ont exigé des réparations pour les dommages causés par la décision de M. Trump de se retirer de l’Accord qui date de l'ère Obama. Enfin ça c’est la version que l’on sert aux peuples occidentaux. En vérité les sanctions sont largement contournées et l’Iran continue depuis des années à se développer malgré ces soi-disant très lourdes sanctions…

Alors que le président Biden a déclaré à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2020 que le rétablissement de l'accord était le meilleur moyen de limiter les ambitions de l'Iran, ses principaux conseillers à la sécurité nationale ont également déclaré que la restauration de l’accord à elle seule ne suffisait pas. En fin de compte, a déclaré le secrétaire d'État Antony J. Blinken, le prochain accord iranien doit être 'plus long et plus fort', suggérant qu'il devrait aller au-delà de 2030, lorsque bon nombre des contraintes de production de carburant dans le dernier accord expireront. Autrement dit, c’est de la novlangue politicienne, quelque chose qui ne veut rien dire en soi nous direz-vous.

Tout aussi important aux yeux des responsables de l’administration Biden, un nouvel accord devrait être lié aux restrictions des capacités de missiles de l’Iran et de son soutien aux groupes terroristes, ainsi qu’à son aide au gouvernement syrien. C’est-à-dire dicter la conduite et la stratégie d’un pays qui n’a rien à perdre. Bonne chance l’équipe Biden ! Tout cela suggère des mois, voire des années, de négociations. Mais vendredi au département d’État, la porte-parole adjointe du département, Jalina Porter, a déclaré aux journalistes que 'c’était un premier pas en avant sain'. Les diplomates savent bien vendre le vent qu’ils produisent, c’est certain.

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Mis en ligne : Dimanche 4 Avril 2021

 
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