Jugurtha le roi ambitieux qui a pris Cirta

Cavaliers berberes numides
Cavaliers berberes numides

Jugurtha est l’un des rois de la Numidie. Il est le petit-fils du roi numide Massinissa, dont le tombeau se trouve à Cirta, actuelle Constantine en Algérie, et qui fut un grand allié de Rome durant les guerres puniques ; il reçut le titre d' 'ami de Rome'. Qui est ami de Rome un jour, peut devenir ennemi de Rome un autre jour, prudence. La biographie de Jugurtha, le roi allié de Scipion le prouve.

Son père est Mastanabal, frère du roi Micipsa, tandis que sa mère est une esclave concubine. Comme il s'agit d'un successeur potentiel Micipsa veut se débarrasser de Jugurtha en l'envoyant en Hispanie (actuelle Espagne) combattre avec les troupes auxiliaires de l'armée romaine. C’est peut-être, d’ailleurs, à la suite de pressions des Romains que Micipsa finit par l'adopter trois ans avant sa mort, ce qui en fait l'un des héritiers du pouvoir.

Le roi qui a vécu entre 160 et 104 av. JC et régné sur la Numidie (Algérie orientale et Tunisie actuelles) entre 111 et 105 av. JC., était extrêmement ambitieux, le jeune Jugurtha n’aurait pas hésité à assassiner ses cousins et frères d’adoption pour avoir le pouvoir.

Jugurtha se montre brave et courageux au combat et les armées numides et romaines sont victorieuses lors du siège de Numance en 133 av. J-.C. Jugurtha se fait beaucoup d'amis à Rome (notamment le général Scipion Émilien) — non seulement grâce à sa valeur mais aussi, quand il le faut, grâce à son argent… Mais l’historien Salluste se contredit lorsqu’il décrit l’allié des Romains : il décrit quelqu'un de lâche et courageux à la fois ;

'Les députés firent d'autant plus diligence pour débarquer en Afrique, qu'à Rome, au moment de leur départ, on parlait déjà du combat et du siège de Cirta ; mais ce n'était qu'un bruit imprécis. Jugurtha les écouta et leur répondit que rien n'avait plus d'importance et de prix à ses yeux que l'autorité du Sénat. Depuis son adolescence, il avait fait effort pour mériter l'éloge des honnêtes gens ; c'est par son mérite, non par ses vices qu'il s'était fait bien voir de Scipion, ce grand homme ; ces mêmes qualités avaient décidé Micipsa, qui pourtant avait des fils, à l'adopter pour l'associer au trône. Au demeurant, plus il avait, par ses actes, montré d'honneur et de courage, moins il tolérerait qu'on lui fît tort. Adherbal avait sournoisement attenté à sa vie ; quand il s'en était rendu compte, il avait devancé le criminel. Rome manquerait au bien et à la justice en lui interdisant de recourir au droit des gens. Aussi bien, allait-il sous peu envoyer à Rome des délégués pour tout dire. Sur ce, on se sépara. Les Romains ne réussirent pas à se rencontrer avec Adherbal.'.

Plus loin, il écrit, 'qu’au moment où ces nouvelles parviennent à Cirta, les Italiens qui, par leur courage, assuraient la défense de la place, comptent, si la ville se rend, sur la grandeur de Rome pour empêcher qu'aucune violence leur soit faite à eux-mêmes ; ils conseillent donc à Adherbal de se rendre…'. Le roi de Numidie, qui pourtant, sait qu’il est encerclé par les Romains, prend Cirta, et fait périr dans d’atroces souffrances le pauvre Adherbal, son propre frère (d’adoption), raconte l’historien romain ! Mais à notre connaissance il n’y a pas eu d’historiens autres que Romains pour parler de l’Afrique (qui désignait à cette époque une partie de la Tunisie et l’Algérie). C’est bien dommage car cela ne nous offre qu’un seul point de vue… Mais, ce qui est sûr, c’est que, lâche ou courageux, allié des Romains, Jugurtha sera finalement livré à Rome puis jugé et enfermé dans un cachot…

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Mis en ligne : Samedi 27 Février 2021
 
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