Lorsque le roi François Ier a créé le Collège de France, il a voulu assurer l'apprentissage de l'arabe

College de France
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Une pétition doit être lancée dans les prochains jours pour exiger plus de moyens pour l’enseignement de la langue d’Averroès. Une cause défendue par de plus en plus de personnalités.

'Comment l’éducation nationale peut-elle afficher un tel déni à tous ceux qui veulent apprendre l’arabe dans notre pays ?' s’était indignée Najat Ould. Cette mère de famille, qui souhaite que son fils approfondisse l’arabe dans un collège public, n’est pas restée au stade de l’indignation. Une pétition de plusieurs associations, lancée à son initiative, va être diffusée dans les prochains jours sur Internet pour exiger des moyens pour l’apprentissage de cette langue dans le service public.

Avant elle, c’est François Ier qui a été l’un des premiers à défendre la langue d’Averroès dans notre pays. ' Lorsqu’il a créé le Collège de France, il a voulu assurer l’apprentissage de l’arabe, comme de l’ensemble des langues de la Méditerranée, parallèlement à son alliance avec Soliman le Magnifique ', rappelle Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA) et auteur d’une biographie sur le monarque de la Renaissance. 'Aujourd’hui, l’IMA, qui propose des cours d’arabe, ne peut plus faire face à la demande en constante augmentation', reconnaît l’ancien ministre de la rue de Grenelle, déplorant même que, sur cette question, 'l’éducation nationale ne remplisse pas sa mission'. Or, selon lui, 'la diversité des langues et des cultures peut contribuer à un climat de respect et de tolérance'.

À droite, le sénateur Jacques Legendre (UMP) a depuis longtemps interpellé le gouvernement sur ce sujet. 'L’enseignement de l’arabe stagne à un niveau extrêmement faible depuis plus de vingt ans. Même au sein des langues rares, l’arabe occupe une position secondaire, nettement derrière le russe et le chinois', a-t-il alerté en 2010. 'Aujourd’hui, l’immense majorité des élèves apprennent l’espagnol et l’allemand en deuxième langue. Mais nous manquons de Français pouvant parler l’arabe, le néerlandais, le portugais ou le polonais', explique cet ardent défenseur de la diversité des langues enseignées dans notre pays. Un combat qui a reçu le soutien du prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio. Fervent défenseur de la diversité des langues, l’écrivain s’est indigné, début mai, lors du festival des Étonnants voyageurs, au Maroc, que le lycée central de Nice ait un beau jour cessé d’enseigner l’arabe. 'Comme si l’arabe était considéré comme une langue de banlieue…'. Hélas !

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Mis en ligne : Samedi 12 Juin 2021

 
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