La prise en charge des femmes victimes de violences, un modèle à améliorer

Tunisie femme victime de violences
Tunisie femme victime de violences

Le ministère de la Femme en Tunisie a souhaité partager son enthousiasme et ses avancées concernant la prise en charge des femmes victimes de violence. Après un travail de 10 années, ce ministère a essentiellement travaillé à mettre en œuvre des structures et des équipes pour permettre, sur l’ensemble du pays, d’être en mesure de venir au secours de ces femmes qui ont souffert de sévices physiques dans leur couple. Mais le cadre juridique a également été révisé afin de sanctionner plus durement les maris violents.

Le ministère tunisien a expliqué avoir noué des relations avec de nombreuses associations locales afin d’assurer un maillage sur tout le territoire. Les services de police ainsi que ces associations ont vu leurs effectifs formés à la question dans le but d’y être sensibilisés et d’apporter une réponse adéquate aux femmes qui auraient besoin de leur secours. Par ailleurs, des partenariats avec l’Union européenne aurait été réalisés également sur ce sujet afin de mettre en conformité la Tunisie avec les standards internationaux concernant la prise en charge des victimes.

L’assistance consiste donc en une prise en charge des femmes victimes de violences, de pouvoir les écouter, les conseiller dans leurs choix et offrir la possibilité de les héberger, par exemple au centre Sidi Ali Azzouz, afin de les rendre à terme autonomes au niveau de la société. L’accompagnement peut aussi leur proposer de les aider à obtenir un emploi. En effet, souvent, les femmes victimes de violences sont dans des situations de dépendance économique vis-à-vis de leur époux violent, ce qui restreint les choix pour la victime. Un numéro de téléphone, le 1899, a également été ouvert afin de créer un point de départ simple et efficace dans le parcours des victimes.

Après avoir expliqué ces différents points, le ministère a fini par indiquer que la lutte contre la violence faite aux femmes devait s’accentuer et qu’un fond national devrait être créé pour que le ministère obtienne plus de moyens d’action.

Ce que l’on peut noter dans cette communication qui semble-t-il, avait surtout pour objet d’obtenir plus de financements, c’est que la Tunisie prend au sérieux le secours aux femmes victimes de violence conjugale. On peut toutefois se demander à partir de quand débuteront les actions qui viseront aussi à réduire la cause de ses violences. En effet, guérir c’est bien, mais prévenir c’est mieux. Selon nous il faudrait également mettre une énergie importante dans le développement d’ateliers de sensibilisation des pères de famille afin que la correction physique soit abandonnée au profit d’un dialogue dans la famille plus apaisée, plus constructif (voir article sur la famille algérienne).  Il faudrait également sensibiliser les mères qui élèvent leur fils comme des pachas afin qu’elles apprennent à leur fils le respect total qu’ils doivent observer envers leur future épouse, mais toutes les femmes en général.

Enfin au lieu de mettre en prison les maris violents, il faudrait les obliger à participer à des stages de sensibilisation afin qu’ils se retrouvent avec d’autres hommes comme eux et qu’ils réfléchissent à leurs actes. Si prendre en charge les femmes victimes c’est s’occuper des conséquences, il ne faut pas négliger les causes non plus!

Fille tunisienne maltraitée
Fille tunisienne maltraitée
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Mis en ligne : Mardi 15 Juin 2021

 
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