Un Tunisien a tué une secrétaire au commissariat de police de Rambouillet

Attentat de NICE 2016
Stéphanie M coiffure esthétique

Le 23 avril, un 'terroriste' tunisien de 36 ans hébergé au Val de Marne, s’en est pris à une fonctionnaire administrative travaillant dans un commissariat de police de la ville de Rambouillet. Les faits se sont produits vers 14 h 00 dans le sas du commissariat, a précisé la source policière. La fonctionnaire administrative, âgée de 49 ans, rentrait de sa pause déjeuner quand l’assaillant lui a porté deux coups de couteau à la gorge, d’après les premiers éléments de l’enquête. Selon des sources proches de l’enquête, l’assaillant aurait crié Allah Akbar.

Non armée, la fonctionnaire, grièvement blessée à la carotide n’a pas pu être ranimée par les pompiers arrivés sur place. Elle était la femme d’un boulanger du Val de Marne et une mère de deux enfants, âgés de 13 et 18 ans.

Jamel Gorchene était jusqu’ici inconnu des services de police.

Deux jours après l’attaque mortelle la police aimerait savoir si l’auteur a bénéficié d’un soutien, matériel ou idéologique.

Au surlendemain de cette terrible attaque qui a coûté la vie à Stéphanie M. l’enquête de police doit permettre de faire la lumière sur de possibles complicités directes ou indirectes.

Quatre proches de l’assaillant en garde à vue

Le père de Jamel Gorchene et deux autres personnes qui ont hébergé ce dernier – l’une récemment à Thiais (Val-de-Marne) et l’autre à son arrivée en France en 2009 – était toujours en garde à vue samedi soir. Trois gardes à vue débutées vendredi et auxquelles s’est ajoutée une quatrième ce samedi. On a appris dimanche qu’une cinquième personne avait été placée en garde à vue.

Deux perquisitions ont été conduites vendredi soir, l’une chez le logeur de Thiais, l’autre au domicile du père à Rambouillet, où avait déménagé Jamel Gorchene. Du matériel y a été saisi par les enquêteurs. L’analyse de ces éléments pourrait éclairer les motivations de l’assaillant, son parcours en France depuis son départ de Tunisie, comment il a préparé son acte, si des personnes l’ont aidé ou encouragé dans son projet ainsi que ses éventuels contacts noués en ligne avec des membres de la sphère djihadiste.

Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargés des investigations, vont multiplier les auditions parmi ses relations, connaissances, collègues ou sa famille pour cerner son profil.

Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a donné une conférence de presse ce dimanche en fin de matinée.

Pas détecté comme menaçant

Jamel Gorchene n’avait "pas été détecté" comme étant "porteur de menaces", a déclaré samedi le coordonnateur national du renseignement Laurent Nuñez, au micro de BFMTV.

Il fait partie de ces "individus inconnus des services de renseignement, qui sont très isolés, n’ont pas de relations avec d’autres individus qui les rendraient détectables", a-t-il ajouté.

'Les signes de radicalisation qu’ils donnent à voir sont très faibles', a insisté Laurent Nuñez, estimant qu’"à (sa) connaissance il n’y a pas eu de faille des services de renseignement".

Illustrations: attentat de Nice et Stéphanie M coiffure ; elles sont jolies les coiffeuses parisiennes.

Selon le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard, l’auteur des faits aurait effectué un 'repérage', accréditant la préméditation pour s’attaquer aux services de police. Or cela 'correspond aux appels récurrents du groupe État islamique à s’attaquer aux forces de l’ordre ont déjà noté les enquêteurs.' Ce lien fort rapide de cause à effet que font les enquêteurs, cette habileté grossière à lier un fait avec un autre sans aucun lien ni preuve nous laisse pantois.

Sur sa page Facebook, les enquêteurs ont noté que jusqu’en 2020, ses posts publics étaient quasiment exclusivement consacrés à la défense de la communauté musulmane, la lutte contre l’islamophobie ou les propos du polémiste Éric Zemmour. Mais aussi qu’à partir d’avril 2020, au moment du confinement, il ne publie plus que de pieuses prières et des versets coraniques. Quelques jours après l’assassinat du professeur Samuel Paty par un islamiste en octobre 2020, il change sa photo de profil et rejoint une campagne intitulée 'Respectez Mohamed prophète de Dieu'.

Comprenez par-là que les enquêteurs tiennent pour preuve toute modification d’une page web comme le signe de changement radical de pensée. Tu m’étonnes qu’on soit mal protégés en France…

A noter qu’à présent, un profil tout ce qu’il y a de plus banal est montré comme potentiellement dangereux par effet d’association. Donc en résumé, si vous détestez Zemmour, vous êtes sans le savoir un terroriste en sommeil ! Prenez garde !

L’assaillant était dépressif selon sa famille

Ce samedi, on en sait aussi un peu plus sur le parcours et la personnalité de l’assaillant. Après avoir obtenu un diplôme de technicien en mécanique, Jamel Gorchene était arrivé en France en 2009. Ce Tunisien habitait depuis plusieurs années en région parisienne et était inconnu de la police française.

Né en Tunisie le 3 octobre 1984, l’homme a grandi dans une famille de classe moyenne à la périphérie de M’saken, ville dans l’arrière-pays de la station balnéaire de Sousse (centre-est). À noter que c’est aussi la ville natale de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, auteur de l’attaque au camion perpétrée le 14 juillet 2016 à Nice (86 morts), dans le sud-est de la France.

Resté en situation irrégulière pendant environ dix ans, 'il avait bénéficié en 2019 d’une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d’une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu’en décembre 2021', a précisé le parquet national antiterroriste. Il travaillait comme chauffeur dans la région parisienne.

L’assaillant a été décrit comme dépressif, et suivi par un psychiatre en France, selon des proches interrogés en Tunisie par l’Agence France Presse. C’est en tout cas ce que confie Sameh, l’une de ses cousines. 'Il comptait rentrer définitivement au bled, c’était prévu qu’il arrive ce samedi', explique cette dernière. 'Nous sommes toujours sous le choc, nous n’arrivons pas à réaliser ce qui s’est passé !'.

Pour sa cousine, 'Jamel a été une proie facile, des gens ont profité de sa fragilité pour le radicaliser'. Et d’ajouter : 'Quand il était revenu, il n’était pas bien, il était tout le temps pensif, mangeait peu et parlait peu. Il faisait la prière, mais sans plus'.

Jamel Gorchene, qui a une sœur aînée et deux frères dont un jumeau selon ses proches, était revenu en Tunisie il y a environ un mois, pour la première fois depuis son départ en 2009. 'Un jeune calme et réservé', selon Noureddine, un cousin pour qui Jamel 'n’était ni particulièrement religieux, ni pieux '.

Selon des policiers à M’saken, qui décrivent une famille 'sans problème', Jamel Gorchene était resté en contact ces derniers temps avec un cheikh qui avait tenté de l’apaiser via des invocations religieuses. Ce responsable religieux a été entendu par des enquêteurs tunisiens.

La classe politique s’empare de la tragédie

Emmanuel Macron s’est déplacé samedi dans les Yvelines pour rendre visite à la famille de Stéphanie M, mère de deux filles de 13 et 18 ans. Le président s’est rendu dans la boulangerie du veuf, pour apporter son soutien à une famille 'très bouleversée et très digne', a annoncé l’Élysée.

En parallèle, une réunion a rassemblé dans l’après-midi les services et ministres concernés (Intérieur, Justice, Armées) autour du Premier ministre. Jean Castex avait estimé un peu plus tôt dans la journée que l’État avait été 'défié' par cette attaque au couteau.

En déplacement dans le Finistère, Gérald Darmanin n’a pas manqué de revenir sur cette tragique attaque.

'Nous travaillons à un meilleur statut, à une meilleure protection des agents administratifs et nous tiendrons cette promesse', a notamment indiqué le ministre de l’Intérieur.

Commentaires

Malgré le couvre-feu et la période de Ramadan qui assoiffe et affame, le 'terroriste' aurait eu la force et l’énergie d’aller tuer une femme dans un lieu où se trouve des policiers armés…. Les scénaristes à la solde du pouvoir n’en finissent pas de nous émerveiller… Et on apprend que lorsque nous n’aimons pas les idées d’Eric Zemmour, nous sommes des extrémistes religieux sur le point ou déjà radicalisés… !

Un triste évènement qui a permis à Macron de divertir les foules et de faire une sortie dans un commerce mis à mal par la piètre gestion de la crise sanitaire actuelle.

Selon nous, soit il s’agit d’un énième faux attentat commandité par nos dirigeants, soit il s’agit d’un crime d’un déséquilibré comme on en dénombre malheureusement tant. Mais encore une fois, on préfère tourner ça en attentat islamiste, ça divertit plus et ça vend plus, au risque de toujours plus stigmatiser une part importante de la population française. Cette mise en tension toujours plus extrême ne va rien donner de bon. Tant de manipulations, comme tout cela est triste…

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Mis en ligne : Dimanche 25 Avril 2021

 
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