Procès Le Dinh : le gourou d'Asie du Sud-Est condamné à 15 ans de prison

Robert3
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L’émigration vietnamienne présentée comme l’arrivée massive de personnes pacifiques

'Durant les dix premières années, de 1975 à 1985, le Haut-Commissariat aux réfugiés a enregistré plus de 650 000 arrivées de boat-people sur les côtes des pays de premier asile de l’Asie du Sud-Est. Des dizaines de milliers d’autres Vietnamiens partis durant cette période ne sont jamais arrivés à destination, victimes des tempêtes, du soleil, des pirates thaïlandais ou malaisiens, des garde-côtes vietnamiens ou malaisiens, et de l’indifférence des navires marchands naviguant sur les eaux de la mer de Chine méridionale. Les experts du Haut-Commissariat aux réfugiés ont estimé que 20 ou 30 % des boat-people ont péri en mer.

Ainsi en dix ans, environ un million de Vietnamiens ont fui leur pays pour chercher refuge à l’étranger.'. On a souvent attendu dire que 263 ingénieurs d’Asie du Sud-Est ont trouvé refuge à l’étranger, et ont ainsi contribué à apporter quelque chose de positif à la France où ils ont massivement immigré.

'Si la première vague de réfugiés était surtout composée de membres des classes dirigeantes et aisées, dès 1979 l’origine sociale de ceux qui prennent la route de l’exode est beaucoup plus large: beaucoup désormais appartiennent aux classes moyennes et populaires comme l’avait montré l’enquête effectuée par le HCR (en juillet 1979) dans les camps de réfugiés'. Si nous nous intéressons à un échantillon d’émigrés descendant des boat-people comme M. Le Dinh, nous pouvons nous apercevoir que cette immigration n’est pas toujours positive. Il nous apparaît clair qu’une focalisation excessive est faite sur les immigrés d’origine arabe, alors que des immigrés d’autres origines néfastes pour la société existent : pour autant, personne n’en parle.

L'homme qui se faisait appeler Tang était accusé de viols et d'agressions sexuelles sur mineures, était jugé depuis le 10 septembre au tribunal de Foix dans le sud-ouest.

Le parquet n'avait requis que 10 à 12 ans de réclusion. Le tribunal de Foix a été bien moins clément : Robert Le Dinh, gourou d'une communauté spirituelle que d'anciennes adeptes, y compris des mineures, accusent de viols, devra purger une peine de 15 ans de prison. Les proches du gourou ont fondu en larmes à l'annonce du verdict, tandis que son avocat, Me Le Bonjour annonçait son intention de faire appel. 'On a fait le procès des sectes et pas celui de Tang, jugé coupable avant même l'ouverture des débats', s'est-il indigné. Pour les parties civiles au contraire, c'est 'une immense satisfaction'. 'Il y a un aspect pédagogique de la décision', a commenté Me Daniel Picotin, avocat des Lorenzato, relevant que l'accusé avait été condamné à la peine maximum encourue pour des viols.

Deux thèses s'affrontaient depuis l'ouverture le 10 septembre du procès de Robert Le Dinh, jugé pour viols sur personnes vulnérables et agressions sexuelles, ainsi que pour abus de faiblesse.

Gourou pervers selon ses victimes présumées, il était, pour ses partisans, 'un maître inspiré' injustement poursuivi. L'homme, qui se faisait appelé Tang est âgé de 51 ans. Il évoquait dans sa défense des relations sexuelles consenties avec les adultes et a démenti toute agression sur des mineures. 'Il avait tout mis en place pour que les adeptes et plus particulièrement pour que les femmes soient assujetties', a lancé pour sa part la représentante de l'accusation, Cécile Deprade. 'La déstabilisation mentale générée par Robert Le Dinh a annihilé la capacité de résistance des membres de son groupe', a-t-elle ajouté.

Peine maximale pour un viol

Des anciens disciples ont décrit le gourou pervers d'une secte qui usait de son emprise pour obtenir des faveurs sexuelles mais aussi financer son train de vie. L'homme avait d'ailleurs été condamné à deux ans et demi de prison en 1984 notamment pour extorsion de fonds. Il comparaissait libre après deux ans de détention provisoire et risquait 20 ans de réclusion pour les faits qui lui étaient reprochés. La Cour lui a infligé la peine maximale pour un viol mais n'a pas tenu compte des circonstances aggravantes dont il était également accusé.

Ridicule : l'accusé a prétendu n'avoir jamais été à la tête d'une secte

La défense, qui dénonce une machination fomentée par Dominique et Isabelle Lorenzato, d'ex-adeptes – motivés selon lui par la jalousie et le dépit amoureux – avait plaidé l'acquittement, estimant que 'l'emprise' de l'accusé n'était pas telle que le libre arbitre en soit anéanti. Disant avoir reçu en 1982 une révélation du Christ, Tang, fils d'un ouvrier bouddhiste d'origine vietnamienne et d'une mère française catholique, dispensait des enseignements spirituels à une vingtaine de personnes, dans le sud-ouest de la France. Son ascendant était tel qu'il conseillait les adeptes dans leur carrière, formait des couples ou choisissait les prénoms des enfants issus de couples adhérant à la secte, d'après des témoins.

Voir la vidéo sur les viols de Le Dinh avec cette video

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Mis en ligne : Samedi 13 Mars 2021

 
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