L'Arabie saoudite en voie vers la démocratisation

Abdallah Saoud
Saoudienne

Petit résumé de l'histoire des institutions saoudiennes : de la création du royaume d'Arabie saoudite en 1926 à ses premières élections (2005).

En 1926 Abdelaziz Ibn Saoud fonde le royaume d'Arabie et devient roi du Hijaz, après avoir pris le contrôle de La Mecque. Il forme alors un Majlis (sorte de Conseil) composé de cinquante princes, tous issus du clan Saoud. Mais ce n'est qu'en 1932 que la dynastie des Saoud commencera officiellement son règne sur l'ensemble de l'Arabie. Une dynastie toujours au pouvoir en 2005, qui compte désormais plus de quatre mille princes ! La dynastie saoudienne fonde ses valeurs sur le Salafisme, courant idéologique qui forgea les idées et le mode de vie de la société saoudienne.

L'après-guerre

La dynastie saoudienne cherchera des appuis auprès des puissances occidentales : d'abord auprès des Britanniques puis auprès des Américains dès 1945. Le Pacte du Quincy scelle l'alliance américano-saoudienne qui implique notamment que le Royaume saoudien fournisse les Etats-Unis en hydrocarbures.

Le régime est-il répressif ?

Les Moutawi'ine, sorte de brigades des moeurs salafistes, sont chargés de veiller au respect par les Saoudiens des valeurs salafistes prônées par la monarchie. Par ailleurs, les oppositions au régime dynastique seront sévèrement réprimées à l'intérieur du royaume. C'est ainsi qu'en novembre 1979, peu de temps après la Révolution islamique en Iran, une rébellion armée menée par une centaine d'hommes ayant pris d'assaut la grande mosquée de La Mecque sera aussitôt réprimée avec violence.

Les attentats du 11 septembre 2001

La presse révèlera que sur les 19 pirates de l'air, 15 étaient des ressortissants saoudiens. Dès lors, les Etats-Unis vont réagir en incitant vivement leur allié de la région du Golfe à s'ouvrir davantage à la démocratie. D'ailleurs, dans son discours du 10 février 2005 sur l'état de l'union prononcé devant le Sénat des Etats-Unis, George W. Bush a insisté pour que le "gouvernement d'Arabie puisse montrer son leadership dans la région (du Moyen-Orient, ndlr) en accroissant le rôle de son peuple dans la définition de son avenir."

La réaction du ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al Fayçal, aux préconisations du Président américain est plutôt conciliante : "Les pays amis se conseillent mutuellement..." a-t-il commenté. Le chef de la diplomatie a ajouté que le président Bush "a formulé des espoirs et des aspirations et nous faisons de même.".

C’est donc dans ce contexte de crise sociale que Riyad, qui s’était toujours refusé à la moindre concession démocratique, a été amené à accepter le principe de démocratisation de ses institutions. En février 2005, des élections municipales ont été organisées : en effet, à compter du jeudi 10 février, et jusqu’en avril 2005, les Saoudiens (pas les Saoudiennes) éliront leurs conseillers municipaux, plus précisément la moitié d’entre eux, car l’autre moitié est encore nommée par le gouvernement. Et c’est sans doute devant la montée de cette crise sociale dans la péninsule arabe que Riyad a pris l’initiative d’organiser début février 2005 le sommet contre le terrorisme. Initiative qui a fait dire à certains critiques que le royaume aurait ainsi souhaité se mettre à l’abri de tout soupçon vis-à-vis du terrorisme islamiste.

Les femmes veulent participer à la vie politique

Comme il n'est précisé nulle part dans les lois saoudiennes que le vote est réservé aux citoyens de sexe masculin, les militantes féministes du royaume ont cru pouvoir revendiquer l'exercice de ce droit dès le scrutin municipal de 2005. Mais rapidement, les autorités ont affirmé leur position. Pour ce scrutin, seuls les hommes auront le droit de participer, mais un porte-parole du Gouvernement a laissé entendre que la participation des femmes n'était pas exclue... à l'avenir.

Portrait : le roi Abdallah d'Arabie.

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Mis en ligne : Samedi 19 Mars 2005