Libye : Les mines antichar, un grand danger pour la population

Vehicule agricole champs libyen
Camion

Le maire d'Al-Qara, Fathi Al-Jarih, a déclaré dans un communiqué qu'une mine anti-char avait explosé le 20 août 2020, blessant un citoyen du nom de Saleh Jumaa, dans la région proche de sa municipalité, à l'est de Tobrouk, en Libye.

M. Al-Jarih a ajouté que la personne, avant d’être blessée, conduisait un camion qui transportait du fourrage et est entrée dans un ancien champ de mines, avec les conséquences que l’on connaît. Le maire a tenu à rassurer son auditoire : Il a été transporté à l’hôpital de Benghazi pour y être soigné, ses jours ne sont plus en danger.

Nous apprenons lors de cette allocution, que la mine anti-char qui a explosé au passage du véhicule agricole, avait été plantée par l'ancien régime lors des événements en Libye et en Égypte en 1977, et qu'il s'agissait d'une charge explosive conçue et placée de façon à être déclenchée par l'action involontaire de l'ennemi, au passage de personnes ou de véhicules.
Le maire indique que la mine pesait environ 6 kg, ce qui représente une charge explosive conséquente.

M. Al-Jarih a expliqué que la clôture entourant le périmètre truffé de mines avait été en partie abîmée par des voleurs mais aussi s'était érodée au fil du temps.

Il ne restait donc plus aucune indication du danger dans cette partie du territoire.
Le maire a déclaré que les experts en déminage avaient enlevé un grand nombre de ces engins, mais que certains d’entre eux étaient toujours présents et constituaient une menace pour la population, soulignant qu'il s'adresserait à toutes les autorités responsables pour retirer le reste.

Le 22 juillet 1976 le gouvernement libyen avait fait une déclaration publique menaçant de rompre les relations diplomatiques avec l'Égypte si celle-ci continuait de mener des actions subversives sur son territoire. Le 8 août 1976, une explosion se produisit dans les toilettes d'une administration située sur la place Tahrir au Caire, blessant 14 personnes ; le gouvernement égyptien ainsi que les médias ont accusé alors des agents libyens. En juin 1977, Kadhafi ordonna aux 225 000 Égyptiens travaillant en Libye de quitter le pays avant le 1er juillet sous peine d'arrestation. S’ensuivirent des affrontements entre les unités blindées égyptiennes et libyennes.

Il est malheureux de constater que, bien que le régime précédent ait planté ces mines pour former un cordon autour de la ville de Tobrouk dans un but de résistance en vue d’une invasion ennemie, de nombreuses victimes ont été tuées, mutilées et la plupart d’entre elles sont des bergers, des agriculteurs et des pêcheurs habitant la région ou une région à proximité.

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Mis en ligne : Samedi 22 Août 2020