Pleins feux sur Bejaïa


Bejaïa est une ville côtière d’Algérie, connue pour son port, ses montagnes, entre autre le mont qui surplombe Béjaïa, Yemma Gouraïa qui désigne à la fois une sainte et le point culminant de la ville. Haut lieu de pèlerinage pour les croyants, les pèlerins prient la sainte Yemma Gouraïa, qui est, selon la légende, la fille d’un roi byzantin ayant vécu à Bejaïa. Les pèlerins demandent la guérison, trouvent paix et réconfort. Lieu très montagneux, grâce à sa situation géographique, qui borde également la mer, elle ne manque pas d’atouts. La ville ancienne a des quartiers médiévaux et des monuments historiques. L’histoire de Bejaïa commence avec la dynastie des Beni Hammad, dans les Hauts-Plateaux, qui bien que régnant sur le Maghreb Central ont décidé de faire de Bejaïa leur capitale. D’ailleurs, aujourd’hui, Bejaïa est la capitale de la Petite Kabylie. Les Boujiotes parlent souvent trois langues ! L’arabe, le français et le kabyle. Comme les Egyptiens, les Kabyles prononcent le j « gui » c’est cela qui explique que Bejaïa se prononce Bgayet en kabyle.

Organisation sociale des Boujiotes



La plupart des affaires du village étaient jadis réglées selon le droit coutumier. Il faut savoir que même si les Kabyles s'étaient convertis à l'islam dès le 8ème siècle de notre ère, ils n'hésitaient pas à donner la priorité à leur droit coutumier dans certains cas, s'ils estimaient qu'il était plus juste.

Le mode de vie kabyle a intéressé des intellectuels français d’Algérie au 19ème siècle. Ces derniers nous permettent aujourd’hui d'avoir un témoignage extérieur précieux sur l'organisation sociale des anciens Kabyles. Les informations sur les institutions de la société kabyle telle qu'elle était à la fin du 19ème siècle, sont tirées du livre La Kabylie et les coutumes kabyles de messieurs Hanoteau et Letourneux.

Nous utiliserons le temps présent pour décrire la société kabyle, même si de nos jours, beaucoup de choses ont changé depuis le dix-neuvième siècle.

Si les Kabyles utilisent peu l'écriture, c'est parce qu'elle n'est pas primordiale vu leur mode de vie rustique. En effet, les Kabyles des montagnes sont en majorité des agriculteurs qui vivent au rythme des saisons agraires. Leur vie est organisée en fonction des semailles et des récoltes. Justement, en grec, Kabyle se dit Kampíle (Καμπίλε), un nom qui a une consonance champêtre, campagnarde, même si de nos jours, on donne au mot Kabyle le sens de confédération de tribus. De plus et surtout, leur mode de vie est basé sur l'entraide et le partage des ressources au sein du village, de façon à ce qu'aucun membre de la communauté ne manque de rien. Ce mode de vie, on le comprend, limite l'intérêt de faire du commerce à l'extérieur de sa communauté.

N'oublions pas que l'écriture a été inventée en Mésopotamie par des commerçants qui souhaitaient garder une trace des transactions en marquant sur des pots d'argile qui servaient d'emballage aux marchandises, des inscriptions permettant de les identifier. Or l'économie des villages kabyles est dominée par l'agriculture. Cela dit, les fonctionnaires qui administrent le village sont, eux, choisis parmi des gens lettrés.

Bien qu'étant de modestes fermiers, les Kabyles ont une société civilisée et démocratique. Les Kabyles ont une éthique de vie dont les valeurs fondamentales sont la liberté, l'égalité et l'entraide entre les citoyens. L'entraide et le partage des ressources en particulier, est la clé de voûte de la société kabyle traditionnelle: "Les biens sont laissés dans l'indivision, et les revenus, employés à la nourriture et l'entretien de tous, indistinctement", notent Hanoteau et Letourneux.

Hassiba AMROUCHE - Anzour El Wali (ambiance)

Auteur :
Mis en ligne : Mercredi 27 Mars 2019

Autour de ce sujet