Le Sahara, cet ancien Eden

Sahara verdoyant

Qui croirait qu'avant de se transformer en une vaste terre aride et sablonneuse, le Sahara était un lieu verdoyant, fertile et peuplé de toutes sortes d'animaux ! C'est pourtant vrai : A l'époque préhistorique, le Sahara était recouvert par une forêt primitive, habitée par des hommes et plusieurs espèces d'animaux.

Le Sahara, terre sèche et aride


Le Sahara est aux yeux des amateurs de déserts le plus beau et le plus mystérieux  du monde. Ses dunes telles des soieries qui semblent s'étendre à l'infini, ses pierres de gypse en forme de fleurs, ses palmiers dattiers et sa faune particulière sont connus à travers le monde. Pourtant, le Sahara n'en demeure pas moins un brasier où souffle un vent chaud, le sirocco, qui fait danser le sable ! Les quelques aventuriers qui ont exploré le désert vous diront quelle épreuve difficile représente la traversée de cette contrée où le brûlant soleil d'Afrique darde ses rayons dans un ciel sans nuages... Il y a tout d'abord la chaleur sèche qui assoiffe ; les tempêtes de sables qui vous font perdre le nord, et, le plus étrange des phénomènes du Sahara : le mirage, cette sorte d'hallucination qui projette dans l'esprit de l'explorateur la vision d'un grand lac avec une eau miroitante et bordé de palmiers, mais qui s'efface à mesure que le marcheur s'en approche. Ce phénomène s'explique par le fait qu'au contact du sol surchauffé, des couches d'air se dilatent créant ainsi un flou source d'hallucinations... et frustrant pour l'aventurier qui espérait avoir trouvé un havre de paix. Certes tout cela n'explique pas d'où vient tout le sable du Sahara, ni sa sècheresse... Contrairement à une croyance populaire, le Sahara n'est pas le reste du fond d'une mer asséchée. De plus, les étendues de sables (dunes ou ergs) ne représentent qu'un dixième du Sahara, le reste étant composé de montagnes - les massifs montagneux les plus connus sont le Hoggar, le Tibesti et le Tassili-n-Ajjer, situés dans le sud de l'Algérie - de regs, des sols recouverts de petits galets, et enfin, d'oasis dont la présence d'eau en fait des îlots fertiles en plein désert.

Comment un pays verdoyant s'est-il transformé en désert ?


A l'époque néolithique (située vers 6000 avant notre ère), divers végétaux et graminées Grand erg orientalsauvages poussaient en abondance dans le Sahara. De nos jours encore, et bien que cela soit très rare, on trouve des oliviers anciens sur les sommets du Tassili et du Hoggar. Mais les pluies se sont raréfiées dans le Sahara au fil du temps, ce qui a largement contribué à faire disparaître la végétation. En effet, jusqu'en 2500 avant notre ère, le climat saharien était de type méditerranéen. Comme les glaces se retiraient du continent européen, le climat mondial en fut altéré et les pays situés au sud du tropique du Cancer ont subi un changement de climat tendant à la sécheresse. Cependant, ce changement s'est fait lentement, progressivement dans le temps : la forêt saharienne s'est transformée en savane avant de devenir un désert. Les longues périodes de sécheresse et les multiples invasions de sauterelles ont aussi contribué à faire reculer la végétation saharienne. Durant la préhistoire, le Sahara ne manquait pas de sources d'eau, bien au contraire. Le pays avait des fleuves et des rivières mais ceux-ci, au lieu de se déverser dans la mer, débouchaient dans des bassins fermés. A cause de cela, l'eau a débordé des bassins, trop petits pour drainer l'eau et évacuer les alluvions, et a provoqué ci et là des marécages qui ont fini par s'évaporer. C'est ainsi que les cours d'eau naturels disparurent du Sahara, ne laissant au fond que sédiments et autres dépôts de sel. Sous l'action du vent, les alluvions (sédiments, roches...) qui étaient déposés dans les lits des fleuves et des rivières asséchés sont devenus des grains de quartz et ont été déplacés vers le sol : c'est ainsi que l'on explique la naissance des dunes de sable.

Gravures rupestres TassiliLes anciens habitants du Sahara


Entre 2000 et 4000 avant notre ère, des hommes vivaient au Sahara. Ils avaient un outillage varié pour chasser, cuisiner, confectionner des vêtements et des bijoux. En effet, on a découvert au Tassili-n-Ajjer des perçoirs en silex, des meules pour moudre les grains, des pierres de foyers servant à faire cuire les aliments, des pointes de flèches de javelot servant à chasser les animaux sauvages (éléphants, lions...) ainsi que des poinçons en os qui servaient à raccommoder les vêtements en peau dont les hommes et les femmes de l'époque se vêtissaient. En outre, les femmes se façonnaient des colliers à l'aide de rondelles découpées dans de la coquille d'œuf d'autruche ainsi que des pendentifs en schiste couleur ocre. Les hommes portaient aussi des bijoux, Pointe de fleche Neolitiqueessentiellement des anneaux en schiste sur le haut des bras. NB : simple coïncidence ? Certains paysans actuels d'Afrique du Nord qui labourent les champs portent un anneau sur le haut du bras car selon leur croyance, cela les protègerait des maladies et les rendrait plus forts ! Selon les spécialistes, à certains endroits du Sahara, le collectionneur n'aurait qu'à se baisser pour ramasser des pointes de flèches en silex, des meules utilisées durant la préhistoire pour moudre des grains de céréales ou encore des statuettes en forme d'animaux, exprimant l'art préhistorique saharien. Un vrai musée à ciel ouvert !
L'outillage des anciennes populations sahariennes, tout comme les nombreuses fresques découvertes dans les massifs montagneux du Sahara, confirment l'idée que les hommes de la région et de l'époque étaient des éleveurs mais non des cultivateurs puisqu'ils Antiloperécoltaient les végétaux sauvages.

Les animaux et les végétaux


A l'époque néolithique, l'animal domestique le plus répandu n'était pas le chameau mais le bœuf. Le chameau et le dromadaire en particulier, ne sont devenus les compagnons indispensables des gens du Sahara qu'au début de notre ère. Ces animaux parfaitement adaptés au climat chaud et sec auraient été introduits au Sahara par les premiers voyageurs venus du Proche-Orient. Les hommes du Sahara possédaient jadis des troupeaux de bœufs qui leur servaient à la fois à transporter de l'eau et à se nourrir bien sûr. Jusqu'en 2000 avant notre ère, on pouvait trouver dans la région du Tassilli des girafes, des hippopotames, des rhinocéros, des lions... Aujourd'hui, il ne reste plus au Sahara que des animaux qui s'adaptent à leur façon au climat spécifique du désert, comme les chameaux, les fennecs ou les gerboises, sans oublier les gazelles et les antilopes. Les petits animaux (reptiles et insectes) restent dans des terriers et ne sortent qu'aux heures fraiches de la journée.

Un climat extrême


Comme le Sahara est situé sous le tropique du Cancer, son climat connaît des écarts de température importants : en montagne la température frôle les -10°C l'hiver et les 50°C à l'ombre l'été ! Aussi étrange que cela puisse paraître, il peut même neiger au Sahara, dans les massifs montagneux.

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Mis en ligne : Lundi 4 Mars 2013

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