Coutumes de la naissance en Algérie

Bébé algérien qui boit de l'eau
Bébé berbere

Accueil du petit bébé, qui vient de naître

Comme partout au Maghreb, le nouveau-né est accueilli par des youyous.
Dans la région de Kabylie (Est de l’Algérie), après la naissance du bébé, le placenta est enterré sous un figuier. Une autre coutume veut que l'enfant soit lavé avec de l’huile mélangée à du sel trois soirs de suite… pour que le nouveau-né sente toujours bon.

Le rituel a également un bienfait pour l’avenir du bébé : Une fois adulte, il n’aura pas une transpiration excessive et il aura donc une odeur de corps discrète.

Si la mère a accouché d’un garçon elle utilisera comme une amulette, un khlal, qui consiste en une épingle à laquelle est accrochée une fûlat l-’ajim, une gemme de couleur rouge foncé en forme de fève, et originaire du Soudan (barr l-’ajim),

• une wad’a, coquille de cauris (porcelaine)

• un surrat sab’a wa ‘ichrîn, sachet contenant plusieurs sortes d’herbes (vingt-sept).

• Parfois d’autres éléments tel qu’une pièce de monnaie en argent

Après l’accouchement, certaines familles gardent le cordon ombilical. La mère le montrera à son enfant lorsqu'il aura 7 ans. Lorsqu’un bébé musulman vient au monde, on se penche à son oreille droite et on prononce l’Adhan (ou appel à la prière). Dans l’oreille gauche on récite ensuite l’Iqamah, qui annonce le début de l’office religieux. On prépare une tamina, à savoir un gâteaux typiquement consommé lors de fêtes religieuses, que l’on doit partager avec les proches et ses voisins.

Un carré de linge blanc est posé sur la tête de l’enfant et maintenu par un bandeau serré, afin, dit-on, "que la tête de l’enfant soit protégée".

Pour protéger le bébé des mauvais génies, un couteau est placé sous le matelas du nourrisson. Et pour détourner le mauvais œil, les yeux du bébé sont entourés d’un trait de khôl noir. La mère prend un peu de poudre de khôl, le vrai, qu'elle pose sur les paupières du nourrisson. Toujours pour éloigner les esprits malins, la mère noue à l’enfant deux fils de laine noir et blanc à l’un de ses poignets ainsi qu’à la cheville gauche, et cela sept jours après sa naissance. Et en Algérie, on tient à emmailloter les bébés à l’ancienne, c’est-à-dire à l'aide d'un emmaillotage très serré ; c’est très important si on veut leur éviter qu’ils ne sursautent.

Bracelets porte bonheur

La fête du 7ème jour de l’enfant

En Algérie, 7 jours après la naissance, il y a la tradition du henné. On fait un petit motif au henné dans la main du bébé. Les grands-parents offrent des bijoux en or au bébé : cela peut être une chaîne avec un pendentif avec le nom d’Allah ou une gourmette.

Très souvent un mouton est sacrifié pour célébrer l'évènement. Pour la naissance d’un garçon, on conseille de sacrifier 2 bêtes, et pour la naissance d’une fille, une seule. C’est une fête, alors les parents invitent la famille, les amis, font un grand dîner, de leur côté les invités apportent des cadeaux ou de l’argent pour l’enfant.

Le septième jour on rend public le prénom (musulman) de l’enfant qui vient de naître, qu’on lui a choisi dès  les premiers jours suivant sa naissance. Les familles les plus pratiquantes choisissent le prénom d’un membre de la famille du prophète. Jadis en Algérie, l’aîné des garçons portait le prénom du prophète et l’aînée des filles le prénom de sa fille (préférée) à savoir Fatima.

Pour les garçons, d’autres rituels s’ajoutent à ceux-là : la circoncision et la coupe des cheveux. En Algérie on attend généralement que le garçon ait deux ans avant de le circoncire, mais cela peut aller jusqu’à sept ans. Les parents invitent des musiciens pour apaiser les larmes de l’enfant et les craintes de la mère.
On rase les cheveux du bébé puis on les pèse afin de donner en aumône l’équivalent de ce poids en or ou en monnaie.

Touaregue accouchee

Les populations sahariennes

Contrairement à la publicité qui, dans certaines sociétés, accompagne l’attente d’"un heureux événement", la naissance d’un nouveau-né en terre touarègue se fait dans la discrétion quasi totale. Le nouveau-né n’est jamais touché ni tiré par les accoucheuses qui par contre pratiquent des massages du ventre de la parturiente. Lorsque le bébé est expulsé, il est accueilli par l’une des femmes qui assistent l’accouchée ou il "atterrit" sur la couche de sable. La notion de contact avec la terre apparaît importante dans ce dispositif.

Le  bébé,  une  fois soigneusement lavé  par  une femme proche de la mère (grand-mère, parente maternelle ou artisane qui en général accueille le  nouveau-né et sectionne  le  cordon  ombilical),  le  bébé  est  enveloppé entièrement, visage compris, dans une étoffe propre, douce et légère. On le laisse au repos à côté de sa mère et on évite  de  l’exposer,  de  le  découvrir, de  le  manipuler, de l’exhiber ou d’en  faire  un centre d’attention et   de   discussion.   Cette   attitude   distanciée est   destinée   à apprivoiser son "extériorité",  c’est-à-dire  ce  qui  le relie  aux kel essuf, habitants  du  "vide" ou essuf en targui, d’où  il  a  surgi. En effet, les Touaregs croient qu'un nouveau-né vient du pays du vide. Pour  contrebalancer  les  liens  du  nouveau-né  avec  l’essuf,  un  petit  couteau  en  métal,  forgé dans  un  matériau illustrant  par  excellence l’activité  humaine,  est  offert  par  les  artisans  de  la famille et sera placé à côté du bébé dans son berceau. Le bébé est fortement emmailloté lorsqu'il a besoin d'être calmé parce qu'il est en crise, irrité ou très agité.

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Mis en ligne : Jeudi 20 Août 2020

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