La peine capitale en Algérie

Marteau

En Algérie jusqu’en 1963, on exécutait les condamnés à mort par guillotine. Depuis : aucun mineur n’a été condamné à mort et aucune femme n’a été exécutée. En outre, un grand nombre de condamnations sont prononcées par contumace. De ce fait, elles ne sont pas définitives et de nombreux condamnés à mort par jugement définitif ont vu leur peine commuée en réclusion criminelle à perpétuité. Aujourd’hui la méthode d’exécution des condamnés à mort en Algérie est la fusillade, toutefois, elle n’est pas souvent appliquée.

Interrogé, un avocat algérien, Me Benissad, a déclaré que près de 700 personnes avaient été condamnées à mort en Algérie, mais souvent ces peines sont commuées en réclusion à perpétuité. "Aucune exécution n'a été enregistrée en Algérie depuis 25 ans", a-t-il précisé. Il a rappelé que l’Algérie avait instauré un moratoire sur l'application de la peine de mort depuis 1993 et introduit des réformes pénales qui restreignent la peine capitale aux crimes les plus graves. Selon lui, "dans le code pénal, il y a 17 infractions passibles de la peine de mort et la plupart sont des infractions à caractère politique comme l’atteinte à la sûreté de l’État, le terrorisme et les meurtres". Depuis décembre 2013, de nouvelles dispositions ont été introduites dans le code pénal. Désormais, la peine de mort peut être infligée aux "ravisseurs d’enfants dans les cas où la victime mourrait". Evoquant les appels à l’application de cette sentence, notamment contre les assassins d’enfants au nom de la religion, l’avocat estime que l’application de la loi du talion (El Kissasse) est soumise à des conditions. "La justice vise à réparer et nullement à développer l’esprit de vengeance", soutient-il.

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Mis en ligne : Jeudi 11 Juin 2020

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