Evolution du mariage en AlgérieSi aujourd'hui encore la moitié des mariages en Algérie sont des mariages arrangés, il n'en demeure pas moins que les mœurs ne cessent d'évoluer depuis le début du 20e siècle. Les coutumes en Algérie évoluent lentement, mais elles évoluent tout de même. Mariages tardifsLa moyenne d'âge des femmes qui se marient se situe actuellement autour de 26 ans et entre 30 et 35 pour les hommes, contre respectivement 16 et 20 ans vers 1910 ! Dès lors, on comprend que lorsque les partenaires se mettent plus tard en couple, la conception des enfants s'en trouve également retardée : le mariage tardif est l'une des causes principales de la baisse du taux de croissance démographique de l'Algérie. Les Algériens se marient donc plus tard mais pas uniquement parce qu'ils poursuivent des études ou entrent tardivement sur le marché du travail, puisqu'instruits et illettrés se marient bien plus tard qu'il y a vingt ans. En fait, les Algériens, toutes catégories sociales et tous milieux confondus, se marient plus tard à cause de la précarité sociale et surtout à cause du fait qu'ils peinent à trouver un logement décent. Résultat : Même après avoir signé un contrat de mariage, les jeunes époux retardent la vie commune. D'autres couples ont recours au système D en "squattant" chez leurs proches. Une situation que la majorité des couples n'apprécie guère de nos jours. Autrefois, il n'était pas rare qu'un couple de jeunes mariés emménage chez les parents du marié et vive au foyer parental quelques années. Les aînés jouaient alors un rôle d'exemple d'éducation et de transmission des traditions pour le jeune couple. Mais de nos jours en Algérie, si on a le choix, on préfère le calme et la l'intimité d'un petit chez-soi à la cohabitation traditionnelle avec les beaux-parents, surtout en cas de différence d'âge très importante. Mariages entre cousins
La fréquence des mariages entre cousins reste élevée en Algérie: En effet, près d'un Algérien sur quatre épouserait sa cousine germaine. Selon une tradition d'origine bédouine et perpétuée dans tous les pays musulmans de langue arabe, un homme doit prendre pour première épouse - s'il est polygame - sa cousine germaine, de préférence du côté paternel. Ceci pour des questions politiques (cela sert à renforcer les liens d'une tribu), de patrimoine (le patrimoine familial reste dans la famille) mais aussi pour des raisons pratiques : ainsi, on est sûr que toutes les filles de la famille seront mariées ! PolygamieLes Algériens ont toujours été monogames dans leur majorité, du moins si on ne remonte qu'au début du 20e siècle. En effet, en 1911 seuls 6% des hommes étaient polygames en Algérie, contre moins de 1% en 2009. Raréfaction de la polygamieLe fait qu'il y ait actuellement plus de femmes que d'hommes en âge de se marier en Algérie pourrait expliquer que certaines, en milieu rural surtout, se contentent d'un homme déjà marié. En tout cas, les jeunes algériens ne voient pas forcément la polygamie d'un bon œil, au contraire. Parce qu'ils veulent être fidèles à leur chère et tendre ? Pas tout à fait. Selon les messieurs que nous avons vus débattre des mauvais aspects de la polygamie, cette dernière est source de nombreux problèmes. Ainsi, un jeune homme d'affirmer "Ya Waadi ! (Oh misère !) Gérer une relation avec une seule femme est déjà assez compliqué, alors plusieurs...". Bon an, mal an, les mentalités évoluent. Mais au-delà des traditions, il reste un point important et ancien à résoudre : le manque de logements qui entraîne une précarité croissante en Algérie. Pour plus d'informations sur le sujet, lire : Famille algérienne : Recul des mariages, décroissance démographique... Par Belkacem Rouache. |
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