Inès Madani condamnée à 8 ans de prison

Ines Madani

Une peine de 9 ans d’emprisonnement assortie d’une période de sûreté des deux tiers a été requise vendredi 12 avril contre Inès Madani pour enrôlement de jeunes.
Cette femme a enrôlé de jeunes jihadistes afin de les préparer à commettre des actes terroristes.
Elle sera par ailleurs jugée aux assises à l’automne pour un attentat, qu’elle n’a heureusement pas mené à terme, en 2016 près de Notre-Dame de Paris.
C’est "une personnalité déroutante", a affirmé le procureur.
Il lui est notamment reproché d’avoir animé des groupes sur la messagerie cryptée Telegram dans lesquels elle a incité des hommes comme des femmes à partir en Syrie et à commettre des attentats en France, entre mars 2015 et juin 2016.
La prévenue, jugée à Paris depuis le 11/04/2019, utilisait des pseudonymes masculins "pour renforcer sa crédibilité".
Inès Madani s’est ainsi fait passer, entre autres, pour Abou Souleymane, un jihadiste revenu de Raqa pour réaliser des attentats en France.
Elle a également mis en avant le rôle d’Oumar Diaw, surnommé Abou Barrou, un jihadiste influent du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, pour lequel elle aurait joué le rôle d’intermédiaire.
"Abou Barrou a influencé, encouragé Inès Madani. (…) Mais les actes (de la prévenue) ont perduré après la mort" du jihadiste, qui remonterait à mai 2016, a souligné le procureur. "Inès Madani est la maîtresse de ce qui va se passer", a ajouté le magistrat.
La prévenue a écrit deux courriers, dont l’un transmis à Cüneyt K., jugé à ses côtés pour son rôle de "baron" d’une cellule franco-belge.
Dans la première lettre, écrite de sa main, elle exhortait à commettre un attentat contre "les kuffars (mécréants, ndlr) dégueulasses".
Dans un deuxième courrier, elle listait les ingrédients nécessaires pour réaliser des explosifs.
"Elle a la volonté d’aller au bout des projets dans lesquels elle s’investit", selon le procureur.
Inès Madani est passée à l’acte en septembre 2016 : elle avait tenté d’enflammer une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz devant la cathédrale Notre-Dame à Paris. Dans ce dossier, elle sera jugée du 23 septembre au 11 octobre aux assises.
Le procureur a requis la peine maximale, dix ans d’emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers, contre Cüneyt K., "émir" d’une cellule, dont il a souligné "la formidable intelligence". Après avoir été refoulé de Turquie alors qu’il voulait aller en Syrie, il avait conservé le rêve de "mourir en martyr". Il est soupçonné d’avoir voulu organiser des attentats en France et en Belgique. La jeune femme a été condamnée à 8 ans de prison par le le tribunal correctionnel de Paris.

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Mis en ligne : Samedi 13 Avril 2019

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