La robe kabyle fait partie des indispensables du trousseau des Algériennes

Robe rouge
Mariés libyens

Après 7 ans de relation, qui a débuté pendant nos études, Kenzi m’a fait la surprise de m’emmener dans la ville que je préfère au monde, la ville éternelle : Rome. Après deux jours idylliques, il attend que le soleil se couche sur la Piazza Navona pour me faire sa demande, sur ce qui est désormais "notre" banc. Je fonds en larmes et je dis oui ! Nous continuons notre weekend sur un petit nuage.

Maintenant, il faut organiser le mariage et cela inclut le trousseau : Pour les Algériennes, le trousseau est encore de nos jours un incontournable des préparatifs du mariage. Le trousseau de la mariée contient des bracelets et d’autres bijoux précieux, des produits de beauté, la bague de mariage, mais aussi un panier de noisettes, de noix, de bonbons et de cacahuètes. Bref, des apéritifs. Eh oui, dans la tradition algérienne on estime que ce panier apéritif est indispensable ! La mariée pourra en déguster  de temps en temps. Le trousseau comprend aussi du linge de lit, des serviettes de bain, différentes étoffes ou bien encore de la vaisselle. Dans cette tradition modernisée, on retrouve également un cadeau pour le futur marié.

Il faut savoir que plusieurs robes pourront être achetées, voire fabriquées sur-mesure pour l’occasion. La mariée doit prévoir 7 bracelets et 3 robes différentes, voire plus : cela dépend des moyens de son futur époux mais aussi de ses origines et de celles de son mari, elle portera autant de robes que de région(s) d’où son couple est originaire. Si son mari est Kabyle, il est bienvenu de prévoir une tenue de mariée de Kabylie.

Le jour du mariage, chaque mariée souhaite être parée de ses plus beaux atours, en défilant devant sa belle-famille et les convives étrennant des robes traditionnelles reflétant les traditions et la culture de la région dont elle est originaire. Mais désormais, à Mila (Nord de l’Algérie), c’est de voir la robe kabyle, avec ses couleurs chatoyantes ou sa sobriété, s’inviter dans le trousseau de nombreuses mariées, en plus des gandouras habituelles, qui est assez nouveau.
Avec plus de 18 ans d'expérience dans la confection des trousseaux des mariées et les différentes gandouras traditionnelles, Amina Abderrezak, couturière à Mila, affirme qu’en plus de la traditionnelle gandoura en velours brodée de fils d’or, du "karakou" algérois et du caftan oranais, la robe kabyle est devenue, ces derniers temps, un vêtement "indispensable" dans le trousseau de la mariée à Mila.
Cette artisane a évoqué, à cet effet, la Tassdira du mariage, autrement dit l’incontournable tradition exigeant de la mariée de défiler au milieu des invités avec différentes tenues traditionnelles cousues en prévision de ce jour.

A ce titre, de nombreuses mariées mettent les plus belles gandouras traditionnelles du patrimoine de leur région, mais aussi de celui des autres régions du pays, d’où "l’incursion" de la robe kabyle dans le trousseau de l'épousée à Mila.

"Au moment de la Tassdira, la mariée apparaît de prime abord en habit traditionnel local, généralement une robe blanche en référence à la culture et au patrimoine de la région, avant de porter des tenues d’autres régions d’Algérie, à savoir, le karakou algérois, la robe oranaise (blousa), la gandoura en velours constantinoise (Katifa), en plus des tenues chaouie et kabyle", confie Amina Abderrezak.
Et d’ajouter : "Beaucoup de mariées ajoutent à leur trousseau une robe kabyle, pour signifier leur appartenance à l’Algérie et leur respect de la diversité du riche patrimoine national". (d’après Algérie Presse Service).

Selon l'artisane, l’une des raisons pour lesquelles l'épousée choisit une robe traditionnelle ne faisant pas partie du patrimoine de sa région, c’est aussi un moyen pour la mariée de s’approprier la culture de son mari dans le cas où le mari serait originaire d’une région différente, comme "preuve de son intention de vouloir cohabiter avec de bonnes intentions dans son nouveau couple."

Robe kabyle de mariage

La robe kabyle, simple, confortable et pratique

Originaire de Mila et nouvellement mariée, Mme Nouha, soutient, pour sa part, que "la robe kabyle s’est frayée un chemin parmi les tenues traditionnelles de la mariée. Elle fait partie de notre tradition et de notre identité qui n'est pas exclusive à une seule région", affirmant que la fête du mariage représente "une occasion de faire connaître notre patrimoine et nos spécificités vestimentaires qui sont d'une beauté extraordinaire, conférant à la jeune fille algérienne élégance et grâce".

La toute nouvelle mariée, ayant emporté une robe kabyle dans son trousseau, explique que cette tenue traditionnelle est simple, confortable et pratique comparativement au reste des gandouras qu’elle a portées lors de la Tesdira.

Selon le chef de service du patrimoine culturel à la Direction de la culture de la wilaya de Mila, Lezghad Chiaba, la présence de la robe kabyle dans les mariages n’est pas étrangère à la culture et au patrimoine local, d’autant que les frontières s’entrecroisent au Nord avec celles de la petite Kabylie, à l’instar de la wilaya de Jijel, ou encore au Sud avec la wilaya de Batna et la région des Chaouia, en bref, des influences kabyles ou des Imazighen.

De manière générale, la robe kabyle suscite l’intérêt des jeunes filles de par la qualité du tissu, sa conception simple et pratique, ainsi que les symboles bigarrés qui ornent notamment l’encolure et ce, sans être complètement exubérants, ce qui en font des motifs harmonieux.

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Mis en ligne : Lundi 1 Juin 2020