Fiche détaillée des instruments de musique kabyle

Ziara de Sami Lajmi
Musiciens kabyles

Tizi-Ouzou

La musique kabyle est très peu étudiée. La musique et le chant kabyles sont pourtant d'une grande richesse. Ils jouent un rôle important dans la vie des populations, ponctuant les moments forts de la vie quotidienne: mariage, naissance, circoncision et fêtes religieuses. Des musiciens et des poètes parcourent des villages et des places publiques pour déclamer et chanter leurs compositions. Les poèmes sont aussi bien lus que chantés.
Les instruments de la musique traditionnelle utilisés en Kabylie sont frustes  (le plus commun est le tambour appelé diversement t'bel), il faut citer aussi abendayer, thizemmarine, ajouak, l'ghidha. Ces instruments de musique traditionnelle sont utilisés généralement par des troupes musicales appelées idhebbalen.

Instruments de percussion

Abendayer - amendayer: C 'est un instrument à mi-chemin entre le tambourin et la caisse claire. Il ne comporte qu'une seule face de percussion. Il est composé d'un cadre circulaire en bois sur lequel est tendue une peau de chèvre. Deux parfois trois cordes en boyau sont tendues sous la peau entre les points de fixation. Le diamètre de l'abendayer varie selon les régions, généralement il est de 40 centimètres. Souvent la surface de l'abendayer est décorée de motifs ou de signes faits avec du henné. Le joueur de cet instrument abendayer (adhebbal) engage un pouce dans le trou percé dans le cadre circulaire en bois, tenant l'instrument verticalement et les autres doigts frappent la peau pour obtenir les sons clairs et graves suivant l'endroit, au centre ou au bord de la membrane. Destiné à marquer le rythme, il soutient les danses et accompagne également les chants et les litanies (ameddeh).
En public, ce sont les hommes qui le manipulent. Les femmes en jouent également pour animer les fêtes familiales.

Le t'bel est le plus ancien instrument de percussion connu dont les origines remontent vraisemblablement au néolithique, les premiers tambours étaient faits d'une calebasse, puis très rapidement d'une peau tendue comme une membrane sur une base en terre cuite ou en bois.

Le t'bel est très répondu en Kabylie. Il est composé d'une grosse caisse cylindrique en bois de 40 à 65 centimètres de diamètre, munie de deux peaux tendues par un laçage continu allant de l'une à l'autre. La caisse de résonance de t'bel se compose d'une seule pièce de bois, ou parfois de l'assemblage de plusieurs cercles superposés. L'instrument se porte en bandoulière, incliné obliquement.
Le musicien (l'adhebbal) frappe les temps forts sur la membrane supérieure à l'aide d'une mailloche en bois arquée de grenadier, et marque les contretemps à coups doubles sur la peau inférieure avec une fine baguette de bois d'olivier.
En règle générale le t'bel sert à jouer et à maintenir le rythme de base, mais il peut également, lorsqu'ils sont deux ou plus, composer des variations ou des contre-points rythmiques.

Les instruments à vent

- Ajouak (la flûte) : Instrument par excellence de la musique qui exprime une certaine solitude. Il était utilisé généralement par le berger. Il (l'ajouak) est taillé dans un morceau de roseau d'environ trente centimètres. Il est percé de six orifices à égale distance et n'a pas de bec à l'embouchure. Ajouak s'utilise comme Thizemmarine et lghida, la méthode étant de souffler sur la partie biseautée en biais. Il est par excellence l'instrument de musique des poètes mystiques. Il a une sonorité particulière et mélodieuse.- Thizemmarine : Elles sont confectionnées à partir de deux roseaux accouplés et attachés, émettent un son analogue à celui de la cornemuse. Elles sont percées de quatre ou parfois cinq trous disposés en paires. Les tuyaux constituant le corps de cet instrument sont prolongés par deux de bœuf ou de gazelle qui amplifient le son. Les musiciens (idhebbalene) l'utilisent à l'occasion des processions, fêtes, ziaras et toutes manifestations où l'on fait appel au chant, ou à la poésie.

- Lghidha : lghidha est constituée d'un tube cylindrique de 30 à 50 centimètres de longueur, en bois tendre (abricotier, jujubier ou noyer) percé de sept orifices, six à égale distance sur le dessus et un en dessous, et s'évasant à son extrémité inférieure en un pavillon conique d'environ 10 centimètres de diamètre. La partie supérieure comporte une rondelle en os, en ivoire ou même en métal, qui, tout en servant de point d'appui pour les lèvres, supporte la partie de l'anche.
Lghidha se joue en souffle ininterrompu. La technique de souffle continu, a un rôle primordial, le musicien (agheyadhe) inspire par le nez, tandis que les joues font office de poche à air par distension et détente répétées. Cette technique lui permet de produire une ligne mélodique continue durant de longs moments sans respiration apparente.
Ces instruments font partie du patrimoine immatériel culturel et la musique folklorique fait honneur à la région kabyle. La musique kabyle, mélodieuse, accompagne les danses traditionnelles de la région.

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Mis en ligne : Mardi 8 Octobre 2019