De l'Empire ottoman à la Turquie moderneNaissance de la Turquie moderne
En 1922, le maréchal Mustafa Kemal Atatürk abolit l'Empire ottoman et fonde en 1923 la République de Turquie sur l'Anatolie et la Thrace orientale. En 1923, la capitale de la Turquie n'est plus Istanbul, ancienne Constantinople ou Byzance, mais Ankara, héritière de la ville antique Ancyre située en Anatolie. En 1924, Kemal Atatürk met fin au Califat, dernière trace des institutions de l'Empire. Il met en place une république laïque, la seule du monde méditerranéen musulman. En effet, depuis 1928, l'islam n'est plus religion d'Etat, mais cela n'empêche pas la population turque d'être musulmane à 97% (chiffres de 2003). A cette même date, l'alphabet ottoman d'origine arabe est abandonné au profit de l'alphabet latin. Kemal Atatürk est un admirateur de la France des Lumières et veut faire de la Turquie un Etat du même niveau que les pays européens. Et il a beaucoup contribué à faire évoluer le statut des femmes turques, lesquelles ont obtenu le droit de vote aux élections nationales en 1934. L'ère post-kémaliste
Après l'époque de Kemal, la Turquie connaîtra l'instabilité politique : Certains dirigeants tenteront de remettre en cause la laïcité, alors que l'Armée, fidèle au kémalisme et soutenue par les progressistes, prendra de force le pouvoir à plusieurs reprises (coups d'Etat) pour éviter l'avènement de partis politiques radicaux. Les conflits avec les Kurdes, qui existaient déjà à l'époque kémaliste, s'aggraveront durant les années 1970. Sur le plan économique, la Turquie, aidée financièrement par les Etats-Unis, adopte une économie de marché, ouverte sur les échanges internationaux. Malgré la normalisation entamée au début des années 1970, la Turquie manque de sombrer dans le chaos politique et économique. Les affrontements entre radicaux de droite et de gauche s'accentuent et des islamistes bafouent la laïcité. La crise économique liée au choc pétrolier enfonce le clou. Plusieurs gouvernements se succéderont ensuite avec plus ou moins de succès. Durant les années 1980, l'économie turque parvient même à se redresser admirablement. Mais aucune classe politique n'a empêché la montée du radicalisme islamique ni n'a résolu le problème kurde, qui consiste en la revendication d'indépendance du territoire peuplé de Kurdes, se situant dans le sud-est de la Turquie. La Turquie des années 1990-2000
Dans les années 1990, des articles du Code pénal turc restreignant la liberté d'expression sont abrogés, ce qui est un signe de progrès des mentalités. De nos jours, les conditions de vie en Turquie ne sont pas trop mauvaises comparé à d'autres pays de la région du Moyen-Orient. Le taux d'alphabétisation atteint presque 86% de la population et l'espérance de vie y est d'environ 73 ans. Le taux de croissance du pays est bon (entre 5 et 6% en 2006), néanmoins son taux d'endettement reste élevé. Selon les sources officielles, la Turquie est un pays jeune, puisque deux Turcs sur trois ont moins de 30 ans ! A côté de ces aspects positifs, le pays a ses dossiers sensibles. Il en est ainsi de son adhésion à l'Europe. La Turquie aimerait adhérer à l'Union européenne, mais des éléments jouent en défaveur de sa candidature selon les Etats de l'Union européenne : La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, Etat adhérant à l'Union européenne et n'accepte pas de considérer comme un génocide le massacre d'Arméniens. Enfin, la Turquie, bien que liée à l'histoire européenne, possède seulement 3% de son territoire en Europe. |
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