L'Iran héritier de l'Empire perseLa modernisation de la Perse
Même si l'Iran prospéra et se modernisa à cette époque, les populations rurales, elles, ne cessèrent de s'appauvrir tandis que leur ressentiment envers le pouvoir augmentait. Les dignitaires religieux iraniens, jadis privilégiés et grands propriétaires terriens, se sentirent lésés par les réformes du Shah Mohammad Reza Pahlavi (successeur de Reza Shah Pahlavi et qui régna de 1941 à 1979) dernier roi d'Iran déchu après la Révolution islamique menée par l'ayatollah Khomeiny. Shah Mohammad Reza Pahlavi se montrait fier de l'héritage perse de son pays et entendait moderniser ce dernier avec l'aide des puissances occidentales. C'est sous son règne, en 1963, que les femmes iraniennes obtinrent le droit de vote, ce qui déplût fortement au clergé chiite iranien (les oulémas ne pouvaient accepter l'émancipation des femmes). La pauvreté de la population rurale a augmenté et les rebellions et dissidences ont été matées avec violence par le Shah, ce qui a créé un terreau fertile pour la révolution qui eut lieu en 1979. Ni l'emprisonnement de Khomeiny en 1963 ni la répression des révoltes du peuple ne changèrent quoi que ce soit : la révolution devait avoir lieu. Le 1er février 1979, après plusieurs années d'exil, l'ayatollah Khomeiny fut accueilli par le peuple comme un sauveur, alors que le Shah était sommé d'abdiquer. Il promulgua la Sharia (la loi islamique) et était fermement décidé à en finir avec l'époque du Shah : les Etats-Unis, ancien partenaire de l'Iran était devenu un ennemi absolu, l'économie de marché un sacrilège, la période préislamique de l'Iran une époque honteuse... La politique extrêmiste de l'Iran n'inquiéta pas seulement l'Occident, mais aussi les pays arabes. Ce fut le cas de l'Iraq de Saddam Hussein notamment, qui déclencha la guerre Iran-Iraq en 1980 et qui dura huit longues années. Depuis la disparition de l'ayatollah Khomeiny en 1989, c'est Ali Khameini qui assure sa succession en tant que guide de la révolution islamique. Aujourd'hui, l'Iran est considéré comme un Etat dangereux par les démocraties et connaît une crise politique à l'issue incertaine. Le pays aux multiples paradoxes tente de concilier les valeurs islamiques avec le nécessaire progrès. Mais pourra-t-il un jour exister un Iran avec un régime politique démocratique et laïc ? La question reste ouverte. |
|