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Livre : Coup de lune, d'Abla Ababou


Coup de lune D'Abla Ababou

Images de Orientale.frPrésentation de l'éditeur : "La jeune Myriam souffrirait-elle d'un coup de lune, expression arabe poétique et languide pour désigner le bon vieux coup de blues occidental ?

D'un côté, Lalla Malika, la grand-mère, gardienne des bonnes manières et des bonnes mœurs marocaines ; de l'autre, Myriam, la petite-fille, ballottée entre une éducation traditionnelle et la tentation de l'Occident. Cela pourrait s'appeler, Le choc des cultures. C'est tout simplement Coup de lune, c'est-à-dire la crise à la fois amoureuse et existentielle que traverse Myriam, descendante d'une illustre famille de Fès. Avec elle, nous partageons, sur un mode tantôt léger, tantôt sarcastique, tantôt tragique, les grandes interrogations qui secouent la jeunesse du Maroc, fatiguée d'anciennes coutumes qu'elle juge inutiles et blessée par des libertés trop tôt, trop vite acquises. Et si, au bout des errements de Myriam, se trouvaient, enfin acceptées et comprises, les leçons de Lalla Malika ? Abla Ababou nous offre dans ce roman une peinture sans concession d'une jeune femme qui se brûle par amour aux sortilèges illusoires de toutes les libertés.".

L'avis d'Orientale.fr : Dans Coup de lune, Myriam Bensouda, l'héroïne, ne manque pas une occasion de railler les codes et rituels qui frisent le ridicule et qui régissent le mode de vie bourgeois et traditionnel fassi. Le roman, offre, il est vrai, de multiples passages hilarants comme celui où, dans un contexte de cérémonie funéraire au cours duquel il est coutumier de faire participer des "pleureuses professionnelles",  Myriam, bien qu'endeuillée, ne perd pas son sens de la dérision, comme en témoigne ce passage (pages 35 et 36) :

"(...) Mais devais-je accepter les glapissements ambiants qui violaient ma peine ?

De cette foire à l'exhibition des émotions, Lalla Fakhita était le chef de file. (...). Me sachant scrutée en permanence, tante Fakhita m'accueillit, un mouchoir blanc à la main, de la taille d'un napperon. Ses petits yeux sournois étaient pourtant secs.

Elle excellait dans la représentation, surtout pendant les mariages et enterrements. Les bains de foule semblaient alimenter son agitation. Toujours prête à cavaler, l'air effaré, elle se rendait indispensable pour ne rien rater des coulisses ! Cependant, elle semblait oublier que la proéminence de son derrière et de sa poitrine portait sérieusement atteinte à son agilité. Ce fut pourtant avec un bond digne d'une antilope qu'elle s'agrippa à moi en hurlant à fendre l'âme :

- Il est parti, notre pauvre Si Driss! Fauché avant d'avoir remarié sa fille !".

Parallèlement à ses critiques lucides, l'héroïne, lorsqu'elle fera face à la rudesse de certains personnages, se montrera nostalgique des salamalecs de sa grand-mère. Décidément, Myriam peine à choisir entre un mode de vie façon "précieuses ridicules" fassies et un autre, moderne, plus libre voire libertin, mais déstabilisant.

Auteur : L'équipe de Orientale.fr
Mis en ligne : Mercredi 8 Octobre 2008 à 08:00 CEST.

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